Colombie: tensions avec Washington et démission de Laura Sarabia, double crise pour Gustavo Petro

Les États-Unis d’Amérique ont rappelé jeudi leur chargé d’affaire à Bogota pour consultations urgentes, en raison de « déclarations infondées et censurables » émanant du gouvernement colombien, qui a immédiatement rappelé son ambassadeur. Dans la matinée, la ministre des relations extérieures colombienne, Laura Sarabia, avait présenté sa démission, en invoquant des divergences avec le président. 

Le climat se tend entre Bogota et Washington. Les deux capitales ont rappelé leurs diplomates présents dans les deux pays. Dans ce sillage, Laura Sarabia, ministre colombien des relations extérieures et une des collaboratrices les plus proches et les plus fidèles du président Petro a présenté sa démission, renforçant l’ambiance de crise à Bogota.

Laura Sarabia a joué un rôle clé dans la campagne présidentielle de Gustavo Petro en 2022. Après sa victoire, elle a été cheffe de cabinet, puis a occupé deux postes importants au sein du gouvernement, avant de devenir ministre des Affaires étrangères en janvier.

Dans un courrier au président diffusé sur les réseaux sociaux, la ministre précise ne pas approuver des « décisions » prises « ces derniers jours », sans fournir de détails. Ces derniers mois, les relations entre la ministre des Affaires étrangères et le président s’étaient dégradées en raison de plusieurs désaccords, notamment sur l’entrée au gouvernement de l’actuel ministre de l’Intérieur, Armando Benedetti, contre lequel Laura Sarabia a porté plainte pour harcèlement.

Selon les médias locaux, les désaccords sont liés à un contrat de délivrance de passeports et au désaveu des décisions de la ministre. « Il ne s’agit pas de divergences mineures […]. Malgré toute l’affection et le respect que j’éprouve pour vous […] je ne peux plus » continuer sur cette voie, a écrit la ministre.

Crise entre Washington et Bogota

Les États-Unis d’Amérique, eux, sont le premier partenaire économique de la Colombie et, historiquement, son grand allié politique. Le communiqué de la Maison Blanche ne précise pas quelles déclarations infondées du gouvernement colombien ont suscité la colère de Donald Trump.

Fin juin, Gustavo Petro accusait l’extrême droite américaine d’avoir participé au projet de coup d’État apparemment ourdi par un de ses anciens ministres et révélé par le quotidien espagnol « El Pais ». Par ailleurs, depuis trois ans qu’il est au pouvoir, Gustavo Petro n’a cessé de critiquer la politique guerrière de lutte contre la drogue menée par Washington. De leur côté, les États-unis d’Amérique soupçonnent Gustavo Petro de laxisme voir de connivence avec les narcotrafiquants. 

Les deux pays ont connu fin janvier une brève, mais intense crise diplomatique sur le renvoi en Colombie de migrants entrés illégalement aux États-Unis d’Amérique.

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