Le Japon a annoncé qu’il ne reconnaîtrait pas, pour l’instant, un État palestinien, malgré la pression internationale croissante en faveur de cette décision. Cette position, rapportée par le quotidien Asahi, viserait à préserver les relations stratégiques de Tokyo avec Washington et à éviter un durcissement de la position d’Israël.
Une décision prudente
Interrogé mardi, le ministre japonais des Affaires étrangères, Takeshi Iwaya, a déclaré que Tokyo procédait à « une évaluation globale, incluant le moment opportun et les modalités appropriées, de la question de la reconnaissance de l’État palestinien ».
Le porte-parole du gouvernement, Yoshimasa Hayashi, a confirmé mercredi que cette analyse était toujours en cours. Toutefois, il a exprimé « une grave inquiétude » face à l’offensive terrestre israélienne sur Gaza, soulignant que « les fondements mêmes de la solution à deux États pourraient s’effondrer » si la situation humanitaire ne s’améliorait pas.
Pressions internationales
La décision japonaise intervient alors que plusieurs pays occidentaux – dont le Royaume-Uni, la France, le Canada et l’Australie – ont annoncé qu’ils reconnaîtraient un État palestinien lors de l’Assemblée générale de l’ONU ce mois-ci.
Selon l’agence Kyodo, les États-Unis auraient encouragé Tokyo, via différents canaux diplomatiques, à ne pas franchir le pas pour le moment. À l’inverse, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, aurait exhorté son homologue japonais à reconnaître la Palestine afin d’envoyer un signal politique fort à Israël.
Un contexte diplomatique complexe
Le Japon, tout en maintenant sa position, continue de plaider pour une solution négociée. Vendredi dernier, Tokyo a voté en faveur d’une résolution à l’ONU appelant à des « mesures concrètes, délimitées dans le temps et irréversibles » en vue d’un règlement à deux États.
Néanmoins, le Premier ministre Shigeru Ishiba devrait s’abstenir de participer à la réunion consacrée à ce sujet, prévue le 22 septembre à New York en marge de l’Assemblée générale.
Des divergences au sein du G7
La question divise également les partenaires du Japon. Certains responsables allemands et italiens jugent qu’une reconnaissance immédiate de l’État palestinien pourrait être « contre-productive » en l’absence de garanties sur un processus de paix durable.
Pour l’heure, Tokyo mise donc sur la diplomatie graduelle, tentant de ménager ses alliances tout en appelant à une amélioration rapide de la situation humanitaire dans la bande de Gaza.