Rencontre Trump–Starmer : un accord « historique » mais des désaccords bien visibles

Accueilli avec faste par les autorités britanniques et salué par le roi Charles III et la reine Camilla, le président américain Donald Trump a achevé jeudi dernier sa visite officielle au Royaume-Uni. Aux côtés du Premier ministre Keir Starmer, il a annoncé la signature d’un partenariat « historique » sur les questions technologiques, présenté comme l’ouverture d’une « nouvelle ère » dans les relations entre Londres et Washington.

Mais derrière les accolades et les discours sur la « relation spéciale » entre les deux pays, la conférence de presse conjointe à Chequers a aussi révélé plusieurs divergences sur des dossiers sensibles, donnant lieu à quelques moments de malaise.

Gaza : convergence sur la paix, désaccord sur la reconnaissance de la Palestine

Keir Starmer a jugé la situation dans la bande de Gaza « intolérable » et réaffirmé son souhait de reconnaître un État palestinien « viable » comme étape vers une solution à deux États. Donald Trump, lui, s’est contenté d’appeler à la libération immédiate de « tous les otages » et a rappelé que le 7 octobre restait selon lui « l’un des jours les plus violents de l’histoire du monde ».

Tout en se disant d’accord sur le fait que « les combats doivent cesser », le président américain a clairement rejeté la reconnaissance de la Palestine : « Je suis en désaccord avec le Premier ministre sur ce point », a-t-il déclaré, qualifiant ce différend de « rare ».

Immigration : Trump conseille à Starmer de « faire appel à l’armée »

L’échange le plus commenté de la conférence est venu d’une question du tabloïd conservateur The Sun, évoquant les « niveaux records d’immigration légale » au Royaume-Uni. Donald Trump, fidèle à sa ligne dure, a conseillé au Premier ministre britannique de « mettre un terme » à ces flux, quitte à « appeler l’armée » et employer « tous les moyens nécessaires ».

Keir Starmer, régulièrement attaqué sur ce terrain par l’opposition conservatrice et l’extrême droite, a répondu en rappelant qu’il souhaitait « intensifier » les expulsions de migrants arrivant par petits bateaux et s’est félicité du premier renvoi vers la France d’un ressortissant indien dans le cadre de l’accord bilatéral signé cet été.

Énergie : Starmer défend l’éolien, Trump s’en moque

Autre moment tendu : la question énergétique. Keir Starmer a défendu son approche « pragmatique », combinant renouvelables et énergies fossiles, tout en assurant vouloir « faire baisser les prix de l’énergie ». Mais Donald Trump, interrompant son homologue, a défendu sa politique permissive sur les hydrocarbures et ironisé sur l’éolien : « Le vent est un désastre, c’est une plaisanterie qui coûte très cher. »

Encourageant le Royaume-Uni à exploiter « le pétrole phénoménal » de la mer du Nord, Trump a assuré qu’il souhaitait que le pays « s’en sorte bien ».

Une relation « spéciale », mais pas sans tensions

Si la visite s’achève sur un accord présenté comme « historique », les divergences sur la Palestine, l’immigration et l’énergie montrent que la relation entre Washington et Londres reste traversée de tensions.

« Keir Starmer est probablement soulagé du dénouement », analyse le New York Times, rappelant que le Premier ministre redoutait des critiques plus sévères. The Guardian note de son côté que Donald Trump « n’a pas essayé de fragiliser » son interlocuteur.

Reste à voir si ce partenariat technologique suffira à renforcer une relation bilatérale parfois compliquée, et si les désaccords affichés resteront contenus dans le cadre diplomatique.

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