La Corée du Sud dans l’incapable de payer les 350 milliards de dollars promis à Trump, risque de « crise financière »

La Corée du Sud a annoncé samedi son incapacité à honorer les 350 milliards de dollars d’investissements promis aux États-Unis, dans le cadre d’un accord commercial conclu en juillet dernier, rapporte Reuters. Cette promesse, faite en échange d’une réduction des droits de douane américains, pourrait s’avérer trop ambitieuse pour Séoul.

Une promesse financière irréaliste

Dans l’accord initial, les droits de douane appliqués aux produits sud-coréens devaient passer de 25 % à 15 % en contrepartie d’investissements massifs sur le sol américain. Mais, selon Wi Sung-lac, directeur de la sécurité nationale de Corée du Sud, la somme de 350 milliards de dollars ne peut être versée immédiatement : « Nous ne sommes pas en mesure de payer 350 milliards de dollars en espèces. Notre position n’est pas une tactique de négociation. Objectivement et de manière réaliste, ce n’est pas un niveau que nous sommes en mesure de gérer. »

Le président coréen Lee Jae-myung a souligné que ce montant représentait plus de 80 % des réserves de change du pays et qu’un versement immédiat placerait Séoul dans une situation comparable à la crise financière asiatique de 1997.

Vers des négociations et des alternatives

Wi Sung-lac a précisé que des discussions sur des alternatives étaient en cours, dans l’espoir de finaliser l’accord lors du sommet de la Coopération économique pour l’Asie-Pacifique (APEC) organisé le mois prochain, auquel Donald Trump devrait participer.

Des engagements flous et contestés

Les engagements financiers promis par plusieurs pays aux États-Unis dans ce cadre restent pour le moins opaques. Le Japon s’est engagé à investir 550 milliards de dollars, l’Union européenne 600 milliards, tandis que Séoul devait investir 350 milliards.

Pourtant, la manière dont ces investissements doivent se concrétiser n’est pas clairement définie. Selon l’institut Rexecode, une part importante de ces montants pourrait correspondre à des réinvestissements dans la dette souveraine américaine, plutôt qu’à de véritables investissements industriels ou commerciaux sur le territoire américain.

Un défi pour l’économie sud-coréenne

Cette annonce révèle la difficulté pour Séoul de concilier ses engagements internationaux avec la stabilité économique nationale. Une mise en œuvre précipitée de ces investissements pourrait provoquer une « crise financière » comparable à celle de 1997, souligne le gouvernement sud-coréen.

Alors que les négociations se poursuivent, l’issue de cet accord reste incertaine, laissant planer le doute sur la faisabilité des promesses colossales faites par les États-Unis à ses partenaires commerciaux.

Laisser un commentaire