Les Pays-Bas et l’Ouganda ont officialisé, jeudi 25 septembre 2025, un accord inédit sur l’accueil temporaire de migrants déboutés du droit d’asile par Amsterdam. L’entente a été concrétisée en marge du sommet de l’ONU par une lettre d’intention signée entre le ministre néerlandais de la Justice, David Van Weel, et son homologue ougandais, Odongo Jeje Abubakhar.
Un dispositif de transit en Ouganda
Selon les termes de l’accord, l’Ouganda deviendrait un point de transit pour les demandeurs d’asile déboutés, principalement originaires de pays de la région, et qui ne peuvent pas être renvoyés directement ou volontairement dans leur pays d’origine. Ces personnes seraient hébergées dans un centre d’accueil situé en Ouganda, en attendant leur retour.
Le ministre néerlandais a justifié la démarche par la nécessité de « contrôler les migrations », un sujet sensible aux Pays-Bas, où la pression migratoire et les difficultés à exécuter les expulsions suscitent de vifs débats politiques.
Des zones d’ombre sur la mise en œuvre
Aucun calendrier précis n’a encore été annoncé concernant l’entrée en vigueur de ce dispositif, ni sur les modalités concrètes de prise en charge des personnes concernées. Dans un communiqué, le gouvernement néerlandais a simplement indiqué que les « droits humains des migrants seraient préservés ».
L’accord reste entouré d’incertitudes, notamment juridiques. Plusieurs experts en droit international et en droit néerlandais estiment que la légalité d’un tel mécanisme pourrait être contestée.
Des critiques persistantes
Le projet, déjà annoncé en 2024, avait suscité de vives critiques aux Pays-Bas. Les partis d’opposition l’avaient qualifié « d’irréaliste », mettant en doute sa faisabilité et dénonçant un transfert de responsabilité vers un pays tiers.
Cette initiative n’est pas sans rappeler celle du Royaume-Uni avec le Rwanda. Conclu en 2022 et fortement contesté, ce projet avait finalement été abandonné en 2024, après une série de recours judiciaires, sans qu’aucun transfert de migrants n’ait jamais été effectué.
Une expérimentation sous surveillance
Pour l’heure, l’accord entre Amsterdam et Kampala s’apparente davantage à une expérimentation qu’à une politique migratoire établie. Il pourrait, selon ses initiateurs, devenir un modèle de coopération internationale. Mais son avenir dépendra autant des réalités juridiques que de l’acceptation politique, dans un contexte où les questions migratoires restent hautement sensibles en Europe comme en Afrique.