Le prix Nobel de la paix 2025 a été attribué à la chef de l’opposition vénézuélienne María Corina Machado, figure emblématique de la lutte pour la démocratie dans un Venezuela qu’elle décrit comme un « État autoritaire brutal ». Une distinction accueillie avec enthousiasme par la communauté internationale, mais qui a suscité une réaction irritée de la Maison-Blanche, dénonçant un choix « politique ».
Une opposante dans la clandestinité honorée
Âgée de 58 ans, María Corina Machado, surnommée la « libératrice », vit cachée depuis plusieurs mois au Venezuela. L’annonce de sa récompense, faite par le comité Nobel à Oslo, l’a surprise :
« Je suis sous le choc ! C’est quoi ce truc ? Je n’arrive pas à y croire »,
a-t-elle réagi dans une vidéo relayée par son équipe à l’AFP, s’adressant à Edmundo González Urrutia, son ancien remplaçant à la présidentielle de 2024, à laquelle elle n’avait pu participer en raison de son inéligibilité politique.
La Maison-Blanche dénonce un choix « politique »
La réaction américaine n’a pas tardé. Le directeur de la communication de la Maison-Blanche, Steven Cheung, a estimé que le comité Nobel avait fait passer « la politique avant la paix », ajoutant sur X que :
« Le président Trump continuera à conclure des accords de paix, à mettre fin aux guerres et à sauver des vies. Le comité Nobel a prouvé qu’il privilégiait la politique à la paix. »
Une déclaration qui contraste avec les félicitations venues d’Europe et des Nations unies.
Soutien international unanime
Le président Emmanuel Macron a salué « le courage et l’engagement résolu » de María Corina Machado « en faveur de la démocratie et de la liberté au Venezuela ».
« Dans ces temps de périls pour la liberté, de plus en plus menacée, María Corina Machado incarne avec éclat l’espérance de tout un peuple, un idéal universel »,
a déclaré le chef de l’État français.
De son côté, l’ONU a estimé que cette distinction reflétait « les aspirations claires du peuple vénézuélien à des élections libres et équitables, au respect des droits civils et politiques et à l’État de droit », selon Thameen Al-Kheetan, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme.
« Une reconnaissance bien méritée »
Depuis l’exil, Edmundo González Urrutia, ancien candidat de l’opposition, a salué un prix « mérité » pour « le long combat » de Machado et du peuple vénézuélien :
« Cette récompense est une reconnaissance bien méritée pour le combat mené par une femme et tout un peuple pour notre liberté et notre démocratie. »
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a également exprimé son soutien :
« L’esprit de liberté ne peut être emprisonné. La soif de démocratie l’emporte toujours. Chère María, le combat continue »,
a-t-elle écrit sur X, évoquant un « message puissant » en faveur de la démocratie.
Un symbole de résistance
En récompensant María Corina Machado, le comité Nobel a voulu mettre en lumière la résistance pacifique et la quête de liberté d’un peuple soumis à un régime autoritaire. Si la décision divise, elle confirme la place de la militante vénézuélienne parmi les grandes figures contemporaines de la lutte démocratique.