Cessez-le-feu à Gaza : le mouvement terroriste Hamas refait surface malgré le plan Trump

Alors que les négociations entre Israël et le Hamas n’ont pas encore totalement abouti, le mouvement islamiste palestinien reprend pied dans les rues de Gaza. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu vendredi dernier, après deux ans d’un conflit meurtrier, les forces de sécurité du Hamas réapparaissent dans plusieurs zones de la bande de Gaza abandonnées par l’armée israélienne. Une initiative qui va à l’encontre du plan de paix du président américain Donald Trump, lequel prévoit d’exclure le mouvement de la future gouvernance du territoire.

Le retour visible du Hamas dans Gaza

Des membres des forces de sécurité du Hamas ont été déployés ces derniers jours dans plusieurs villes de l’enclave palestinienne — sur les marchés, les axes routiers et même dans des quartiers partiellement détruits.
Mais ce redéploiement ne s’est pas fait sans heurts. Ce mardi matin, des témoins ont rapporté d’intenses affrontements à Gaza-ville, notamment dans le quartier de Choujaïya, entre une unité affiliée au Hamas et des clans armés, dont certains seraient soutenus par Israël.

« De violents combats ont opposé les forces de sécurité du Hamas et des membres de la famille Hilles », témoigne Mohammed, un habitant du quartier.

Ces affrontements surviennent au lendemain de la libération des 20 derniers otages vivants détenus par le Hamas, échangés contre près de 2 000 prisonniers palestiniens libérés par Israël.

Une “Force dissuasive” pour restaurer l’ordre

Selon une source sécuritaire palestinienne, la « Force dissuasive », nouvel organe du Hamas, mène actuellement des opérations destinées à neutraliser des individus armés ou « recherchés ».
« Notre message est clair : il n’y aura pas de place pour les hors-la-loi », a déclaré un responsable du mouvement.

Le soir même, la télévision du Hamas a diffusé une vidéo controversée montrant l’exécution de huit « collaborateurs » d’Israël dans les rues de Gaza-ville. Si l’authenticité de la séquence n’a pas encore été confirmée, elle relance les inquiétudes sur les méthodes du mouvement.

Un futur politique incertain

Malgré ce retour en force sur le terrain, l’avenir politique du Hamas reste flou. Le plan de Donald Trump, cosigné lundi lors d’un sommet en Égypte, prévoit dans une phase ultérieure l’exclusion du Hamas de la gouvernance palestinienne et la destruction complète de son arsenal.

Le document inclut une amnistie pour les membres du mouvement prêts à déposer les armes et à accepter une « coexistence pacifique ». Ceux qui refuseront se verront proposer l’exil une idée qualifiée d’« absurde » par un haut cadre du Hamas.

Un retour fragile à la vie dans les ruines

Sur le terrain, la population tente de retrouver une forme de normalité. Selon la Défense civile de Gaza, plus d’un demi-million de personnes ont regagné Gaza-ville depuis le sud de l’enclave.

« Nous pouvons à nouveau respirer… la peur est presque partie », confie Rima al-Fara, une habitante du quartier dévasté d’al-Rimal.

Mais la situation humanitaire reste dramatique. L’ONU et le Comité international de la Croix-Rouge ont appelé à l’ouverture de tous les points de passage pour accélérer l’entrée de l’aide humanitaire. Les hôpitaux manquent de médicaments, d’incubateurs et de matériel chirurgical.

« Nous avons un besoin urgent de traitements anticancéreux », alerte le Dr Mohammed Abou Salmiya, directeur de l’hôpital al-Chifa.

Pendant que les bulldozers dégagent les décombres, le maire de Gaza, Yahya al-Sarraj, plaide pour la livraison rapide de matériaux de construction afin de rouvrir les routes et reconstruire les habitations.

Une paix encore fragile

Malgré le cessez-le-feu et les efforts diplomatiques menés par Washington, Le Caire et Doha, la paix reste précaire. L’armée israélienne maintient encore le contrôle de 53 % du territoire de Gaza et continue d’effectuer des tirs ciblés contre des « suspects » près de la ligne de repli.

À ce stade, le retour du Hamas dans les rues de Gaza illustre à la fois la fragilité de la trêve et la complexité du plan de paix américain.

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