Le sens du spectacle et la franchise brutale de Donald Trump ont de nouveau marqué une scène diplomatique ce lundi à la Maison-Blanche. Alors qu’il recevait le Premier ministre australien Anthony Albanese, le président américain s’est offert un moment de confrontation inattendu avec l’ambassadeur d’Australie aux États-Unis, Kevin Rudd, ancien chef du gouvernement travailliste connu pour ses critiques virulentes à l’égard du milliardaire républicain.
Une rencontre bilatérale sous tension
C’était la première rencontre officielle entre Donald Trump et Anthony Albanese depuis le retour du Républicain à la Maison-Blanche, il y a neuf mois. Les relations entre Washington et Canberra avaient connu une période glaciale, marquée par les réserves exprimées dans le passé par plusieurs dirigeants australiens vis-à-vis de Trump.
En 2017, Anthony Albanese avait déclaré que le président américain lui « foutait une trouille terrible », tandis que Kevin Rudd, alors éloigné de la diplomatie, avait qualifié Trump de « président le plus destructeur de l’histoire ». Ironie du sort, Rudd représente désormais son pays à Washington.
“Peut-être souhaitera-t-il s’excuser ?”
Lors d’une conférence de presse conjointe, un journaliste interroge le président américain sur ses relations avec le pouvoir australien et les critiques passées de l’ambassadeur.
Trump coupe la question, feignant l’étonnement :
« L’ambassadeur a dit quelque chose de mauvais à mon égard ? Non, ne me dites pas, je m’en moque. Où est-il ? Travaille-t-il toujours avec vous ? »
Amusé, le Premier ministre désigne Kevin Rudd, assis non loin. Le diplomate, visiblement embarrassé, tente alors une justification timide :
« C’était avant mon entrée en fonctions… »
Mais Donald Trump ne lui laisse pas le temps de finir.
« Je ne vous aime pas non plus. Et je ne vous aimerai sûrement jamais », lâche-t-il sèchement, sous les rires étouffés de l’assistance.
Sans transition, le président passe à la question suivante, comme si de rien n’était.
Un nouvel épisode dans le “style Trump”
Cette scène cocasse mais tendue illustre une fois de plus le ton sans filtre du président américain, qui n’hésite pas à bousculer les codes diplomatiques. Ce n’est pas la première fois qu’un entretien officiel se transforme en moment de télévision.
On se souvient encore de sa réception mouvementée du président ukrainien Volodymyr Zelensky, conclue par un échange tendu, que Trump avait commenté avec amusement :
« Ça fera un beau moment de télé. »
Cette fois encore, le président américain semble avoir atteint son objectif : faire parler de lui, quitte à froisser un partenaire stratégique de Washington dans la région indo-pacifique.