OTAN : Lancement de l’exercice militaire « Dacian Fall 2025 » en Roumanie et en Bulgarie

Un entraînement d’envergure pour renforcer la réactivité et la cohésion des forces alliées face aux défis sécuritaires de l’Est européen.

À partir de ce lundi 20 octobre et jusqu’au 13 novembre, la France et neuf autres États membres de l’OTAN participent à un important exercice militaire baptisé « Dacian Fall 2025 », organisé conjointement par la Roumanie et la Bulgarie. Reportée de mai à octobre en raison des turbulences politiques survenues à Bucarest, cette opération marque la reprise d’un programme stratégique majeur pour l’Alliance atlantique.

Un contexte politique apaisé en Roumanie

Prévue initialement au printemps, la manœuvre avait été suspendue en raison du report de l’élection présidentielle roumaine, annulée en décembre dernier après des soupçons d’ingérence russe. Le scrutin s’est finalement tenu en mai, débouchant sur la victoire du candidat pro-européen Nicușor Dan, désormais chef de l’État. Cinq mois après ce retour à la stabilité, la Roumanie accueille donc à nouveau sur son sol l’un des plus vastes exercices militaires de l’année en Europe.

Dix nations rassemblées pour la « Dacian Fall »

Le « Dacian Fall 2025 », aussi appelé « DAFA 2025 », mobilise dix pays alliés, parmi lesquels les membres fondateurs de l’OTAN — Belgique, France, Italie, Luxembourg et Portugal — ainsi que la Bulgarie, la Pologne, la Roumanie, l’Espagne et la Macédoine du Nord, dernier venu dans l’Alliance (adhésion en 2020).

Le quartier général de l’exercice est installé à Bucarest, au sein de la Division multinationale Sud-Est, tandis que les manœuvres se déploient sur plusieurs zones d’entraînement :
• En Roumanie : Cincu, Smârdan, le cap Midia, Babadag, Bogata, Alba Iulia, Hanu Conachi, Giarmata et Cârtisoara ;
• En Bulgarie : le camp militaire de Novo Selo.

La France en première ligne

Sur les 5.000 soldats engagés, 2.400 sont français, issus principalement de la 7e Brigade blindée (7e BB). Basée à Besançon, cette unité compte 7.500 militaires et figure parmi les deux brigades blindées de l’armée de Terre. Elle dispose d’un équipement lourd et polyvalent permettant des engagements prolongés en contexte de haute intensité.

Présente en Roumanie depuis 2022 dans le cadre de la mission Aigle, la France y dirige déjà un bataillon multinational de 1.500 militaires, dont 700 Français. Son implication dans « Dacian Fall » confirme le rôle de nation-cadre que Paris occupe sur le flanc Est de l’OTAN.

Des objectifs stratégiques clairs

Durant ces 25 jours d’exercice, les forces alliées testeront leur interopérabilité, leur capacité logistique et leur mobilité militaire, avec plus de 1.200 véhicules mobilisés. Pour l’Alliance, il s’agit de renforcer la cohésion et la rapidité de réaction de ses forces face à d’éventuelles menaces à l’Est.

Pour la France, l’enjeu est également technique et opérationnel : évaluer sa capacité à déployer en dix jours une brigade complète depuis le territoire national vers le flanc oriental de l’OTAN. Un test grandeur nature, alors que les tensions régionales et la guerre en Ukraine continuent de maintenir l’Europe de l’Est sous haute vigilance.

En somme, « Dacian Fall 2025 » illustre la détermination de l’OTAN à consolider son dispositif défensif sur son flanc oriental, tout en renforçant la coopération militaire entre ses membres dans un contexte stratégique toujours incertain.

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