Annulation par Trump du sommet de Budapest avec Putin : Les États-Unis d’Amérique et l’Union européenne renforcent leurs sanctions et la Russie teste des armes nucléaires en réponse

Les États-Unis ont annoncé, mercredi 22 octobre, un nouveau renforcement de leurs sanctions économiques contre la Russie. Le ministre américain des Finances, Scott Bessent, a déclaré que Washington visait désormais les groupes pétroliers Rosneft et Lukoil, considérés comme les deux principales sources de financement du secteur énergétique russe.

Selon le département du Trésor, ces mesures répondent à « l’absence de volonté sérieuse de la Russie de s’engager dans un processus de paix » en Ukraine. « Face au refus du président Putin d’arrêter cette guerre insensée, le département du Trésor impose des sanctions aux deux plus importantes compagnies pétrolières qui financent la machine de guerre du Kremlin », a indiqué Scott Bessent.

Le ministre a ajouté que son administration restait prête à aller plus loin si nécessaire, tout en appelant les alliés des États-Unis à se joindre à ces nouvelles mesures. Dans une interview à Fox Business, il a également précisé que le président Donald Trump était « déçu de l’état actuel des discussions avec Moscou », estimant que Putin n’avait été « ni franc, ni honnête » dans les négociations sur la guerre en Ukraine.

Sur les marchés, l’annonce a provoqué une hausse des cours du pétrole, les références WTI et Brent progressant d’environ 1,3 % lors des échanges après la clôture.

Une rencontre Trump–Putin reportée

Ces sanctions interviennent au lendemain du report du sommet prévu à Budapest entre Donald Trump et Vladimir Putin. Interrogé par des journalistes à la Maison Blanche, le président américain a expliqué :

« Nous avons annulé la rencontre avec le président Putin. Cela ne me semblait pas une bonne chose. Il me semblait que nous n’irions pas dans la direction où nous devons aller. Donc je l’ai annulée, mais nous la ferons à l’avenir. »

Trump a également exprimé sa frustration face à l’absence de progrès dans les négociations visant à mettre fin à la guerre en Ukraine :

« Ce que je peux dire, c’est qu’à chaque fois que je parle à Vladimir, nos conversations sont bonnes, mais elles ne mènent à rien ensuite. Elles ne mènent simplement à rien. »

Il a ajouté espérer que les sanctions contre Rosneft et Lukoil, annoncées par le département du Trésor pour réduire les revenus de la « machine de guerre du Kremlin », soient temporaires.

De son côté, le Kremlin a indiqué que les préparatifs de la rencontre se poursuivaient, tout en reconnaissant qu’il s’agissait d’un « processus difficile ».

L’Union européenne prépare un 19e paquet de sanctions

En parallèle, les pays de l’Union européenne se sont entendus sur un 19e paquet de sanctions contre Moscou. La mesure phare envisagée serait l’interdiction progressive, d’ici à fin 2027, des importations de gaz naturel russe au sein du bloc européen.

Cette proposition, formulée par la Commission européenne au printemps, a été discutée lors du Conseil des ministres européens de l’Énergie à Luxembourg, où elle a obtenu un large consensus. La Slovaquie et la Hongrie, très dépendantes du gaz russe, ont exprimé leur opposition, mais ont été mises en minorité.

L’annonce américaine devrait être bien accueillie en Europe, plusieurs gouvernements ayant récemment exprimé leur volonté de voir Washington maintenir la pression économique sur Moscou.

Putin ordonne des tests nucléaires après l’annulation du sommet

Un jour après l’annulation du sommet de Budapest, Putin a supervisé des exercices nucléaires d’envergure. La Russie a testé deux missiles intercontinentaux et mené des manœuvres avec des bombardiers stratégiques.

Selon le Telegraph, un missile intercontinental Yars a été lancé depuis la base de Plesetsk, tandis qu’un missile Sineva a été tiré depuis un sous-marin dans la mer de Barents. Parallèlement, des bombardiers Tu-95 ont procédé à des tirs de missiles de croisière à longue portée.

Ces exercices interviennent peu après l’échec des discussions préparatoires entre les ministres des Affaires étrangères américain et russe, Marco Rubio et Sergueï Lavrov, lors d’un appel qualifié de « tendu » par la presse britannique. Moscou aurait refusé de revoir ses exigences jugées « maximalistes » concernant l’Ukraine, ainsi qu’un éventuel cessez-le-feu le long des lignes actuelles du front.

Trump impose de nouvelles sanctions pour la première fois de son mandat

Bien que Donald Trump reste prudent sur la livraison de missiles de croisière Tomahawk à l’Ukraine, les sanctions annoncées mercredi soir constituent la première mesure directe de son mandat contre la Russie.

« Face au refus du chef du Kremlin de mettre fin à la guerre insensée contre l’Ukraine, le département du Trésor américain impose des sanctions contre les deux plus grandes compagnies pétrolières russes », a déclaré Scott Bessent.

Bruxelles renforce également la pression

Peu avant l’annonce américaine, l’Union européenne avait confirmé un accord politique sur un renforcement considérable de ses sanctions à l’encontre de Moscou. Ce nouveau train de mesures sera officiellement adopté avant le sommet européen de Bruxelles, auquel participera le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

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