Le vice-président américain JD Vance critique et rejette tout projet d’annexion israélienne en Cisjordanie : « Une insulte personnelle »

En visite officielle en Israël, le vice-président américain JD Vance a fermement condamné les projets de loi israéliens visant à étendre la souveraineté d’Israël sur la Cisjordanie occupée, un territoire palestinien sous contrôle israélien depuis 1967. Cette prise de position intervient alors que le Parlement israélien, la Knesset, vient d’approuver l’examen de deux textes d’annexion, suscitant la désapprobation de Washington.

Un désaveu ferme de Washington

« La politique de l’administration Trump est que la Cisjordanie ne sera pas annexée par Israël. Cela continuera d’être notre politique », a déclaré JD Vance à l’issue de sa rencontre avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Le vice-président a ajouté qu’il considérait ces initiatives comme « un coup politique très stupide » et « une insulte personnelle », exprimant une colère inhabituelle pour un représentant américain en déplacement officiel.

Ces déclarations surviennent alors que le secrétaire d’État Marco Rubio, également attendu à Jérusalem, a prévenu avant son départ de Washington qu’une telle démarche « menacerait le cessez-le-feu à Gaza » et serait « contre-productive ».

Le contexte du cessez-le-feu à Gaza

L’administration Trump tente depuis plusieurs semaines de consolider le fragile cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre, après deux années de guerre dévastatrice entre Israël et le Hamas. Le conflit, déclenché par l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023, a causé la mort de 1 221 Israéliens, majoritairement des civils, et plus de 68 000 Palestiniens selon les autorités de Gaza.

Le plan de paix conçu par Donald Trump repose sur un retrait progressif de l’armée israélienne, la libération des otages, et une aide humanitaire massive à destination de la population gazaouie.

À ce jour, le Hamas a libéré les 20 otages vivants qu’il détenait, mais n’a restitué que 15 corps sur les 28 promis, invoquant des difficultés logistiques. En échange, Israël a rendu 195 corps de Palestiniens. Malgré un retrait partiel de ses troupes, Tsahal contrôle toujours environ la moitié de Gaza et y maintient un siège strict.

Reconstruction et désarmement : une « tâche très difficile »

Lors de son entretien avec Netanyahu, JD Vance a admis la complexité des prochaines étapes du plan de paix :

« Nous avons une tâche très, très difficile devant nous : désarmer le Hamas, reconstruire Gaza, améliorer la vie des habitants, tout en garantissant qu’il ne représente plus une menace pour Israël. »

Le vice-président a cependant écarté toute participation militaire directe des États-Unis dans la bande de Gaza, précisant que Washington recherchait des alliés prêts à contribuer à une force internationale de sécurité.

L’extrême droite israélienne isolée

Les projets d’annexion sont principalement portés par l’aile droite et l’extrême droite de la coalition israélienne, qui réclament une application « pleine et entière » de la souveraineté israélienne sur la Cisjordanie. Mais leur initiative est jugée dangereuse et prématurée par les alliés occidentaux d’Israël, à commencer par Washington.

Le président Donald Trump lui-même avait affirmé fin septembre :

« Je ne permettrai pas à Israël d’annexer la Cisjordanie. Cela n’arrivera pas. »

Une position qui place l’administration américaine en ligne directe avec ses efforts diplomatiques actuels, centrés sur la stabilisation régionale.

La presse étrangère dénonce le manque de transparence

Enfin, la visite de JD Vance s’est conclue sur un climat tendu entre les médias internationaux et les autorités israéliennes. L’Association de la presse étrangère à Jérusalem (FPA) a exprimé sa « déception » après la décision de la Cour suprême israélienne de reporter de 30 jours son verdict sur la demande d’un accès indépendant à Gaza, refusé depuis deux ans.

Selon la FPA, Israël empêche systématiquement les journalistes étrangers d’entrer de manière autonome dans la bande de Gaza, privant le monde d’une vision directe de la situation humanitaire sur place.

En somme, la condamnation de JD Vance réaffirme la ligne de Washington : pas d’annexion, priorité à la paix. Mais sur le terrain, entre divisions politiques israéliennes, méfiance du Hamas et fragilité du cessez-le-feu, la « tâche très difficile » évoquée par le vice-président américain s’annonce plus ardue que jamais.

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