Lituanie : démission de la ministre de la Défense après un désaccord sur le budget militaire

La ministre lituanienne de la Défense, Dovile Sakaliene, a annoncé mercredi 22 octobre sa démission, à la suite d’un différend au sein du gouvernement sur le montant des dépenses militaires prévues pour 2026.

Dans publication sur Facebook, Dovile Sakaliene a expliqué que ses visions divergeaient profondément avec celles de la Première ministre, Inga Ruginiene, pourtant issue du même parti, le Parti social-démocrate lituanien (LSDP). « Nous avons des conceptions fondamentalement différentes sur la manière de renforcer la défense », a-t-elle déclaré.

De son côté, Inga Ruginiene a jugé la démission « inévitable », soulignant que des malentendus dans un domaine aussi crucial que la défense étaient inacceptables. Les tensions entre les deux dirigeantes existaient déjà, mais une réunion récente avec des analystes sur les dépenses militaires 2026 semble avoir précipité la rupture. Certains observateurs ont alors exprimé des doutes sur la capacité du gouvernement à atteindre son objectif initial : allouer 5% du PIB à la défense.

Le 15 octobre, la Première ministre avait annoncé que le projet de budget de l’État pour 2026 prévoyait 4,79 milliards d’euros pour la défense, soit 5,38% du PIB, plaçant la Lituanie parmi les pays les plus généreux de l’Otan. Cette augmentation répond à la détérioration de la sécurité dans la région, notamment après l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, Vilnius craignant d’être une prochaine cible potentielle de Moscou.

Mercredi, citée par l’agence balte BNS, Inga Ruginiene a affirmé sa détermination à poursuivre l’augmentation du budget de la défense et a accusé Dovile Sakaliene de manifester une « totale absence de volonté » de coopérer. La succession à la tête du ministère devrait être organisée rapidement.

La Lituanie est actuellement dirigée par une coalition incluant le LSDP et le parti populiste Aube sur le Niémen. Lors de son dernier sommet à La Haye en juin, l’Otan a fixé l’objectif pour ses 32 membres d’atteindre 5% du PIB consacré à la défense d’ici 2035. En 2024, plus d’un quart des pays de l’Alliance n’avaient toujours pas atteint l’ancien objectif de 2% du PIB.

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