Birmanie : plus d’un millier de personnes fuient vers la Thaïlande après une descente de la junte dans un centre d’escroquerie

La tension monte à la frontière entre la Birmanie et la Thaïlande. Plus de 1 000 personnes, dont de nombreux ressortissants étrangers, ont fui cette semaine la ville frontalière de Myawaddy, dans l’État Karen, pour se réfugier en Thaïlande. Cette vague d’exil intervient après une descente spectaculaire de la junte birmane dans le KK Park, l’un des plus importants centres d’escroqueries du pays.

Une fuite massive après le raid de la junte

Selon les autorités provinciales thaïlandaises, les premières arrivées ont été enregistrées dans la nuit de jeudi à vendredi, trois jours après l’opération militaire birmane. La majorité des réfugiés, principalement des ressortissants chinois, ont traversé la rivière Moei, qui marque la frontière naturelle entre les deux pays.

« Nous avons recensé plus de 600 hommes et près de 60 femmes dans la première vague d’arrivées », a déclaré un responsable local à Mae Sot, la principale ville frontalière thaïlandaise.

Au total, plus de 1 000 personnes auraient déjà franchi la frontière, et les autorités thaïlandaises s’attendent à une nouvelle hausse du nombre de réfugiés dans les prochains jours.

Accueil d’urgence côté thaïlandais

Face à cet afflux soudain, la police thaïlandaise a mis en place des centres d’hébergement d’urgence pour fournir nourriture, eau et soins médicaux aux réfugiés.
Les autorités s’efforcent également d’identifier les différentes nationalités présentes parmi les évacués.

L’Indonésie a déjà confirmé la présence d’une vingtaine de ses ressortissants dans le groupe, tandis que la Chine aurait demandé à la Thaïlande une coopération pour le rapatriement de ses citoyens impliqués dans les réseaux d’escroqueries transfrontalières.

Les centres d’escroquerie, un fléau régional

Les centres d’escroqueries en ligne, sentimentales et commerciales se sont multipliés ces dernières années dans les zones frontalières birmanes, notamment à Myawaddy, profitant du chaos provoqué par la guerre civile depuis le coup d’État militaire de février 2021.

Ces complexes, souvent protégés par des milices locales alliées à la junte, serviraient de base à des réseaux de trafic d’êtres humains et de fraude internationale, avec la complicité de mafias chinoises. Des milliers de personnes venues de Chine, du Cambodge, d’Indonésie ou encore d’Afrique y auraient été exploitées de force dans des opérations d’arnaques en ligne.

De nouvelles opérations militaires redoutées

Selon plusieurs sources locales, de nouvelles opérations de la junte birmane pourraient avoir lieu dans les prochains jours contre d’autres sites similaires, notamment dans les régions frontalières du Karen et du Shan.
Ces interventions risquent d’entraîner de nouvelles vagues d’exode vers la Thaïlande, déjà confrontée à un afflux constant de réfugiés fuyant la répression ou les combats.

Alors que Bangkok tente de maintenir un fragile équilibre diplomatique avec le régime birman, la situation humanitaire à la frontière pourrait rapidement s’aggraver si les affrontements se poursuivent.

« Nous nous préparons à accueillir davantage de personnes dans les prochains jours », a déclaré un responsable thaïlandais à Mae Sot. « Les événements de Myawaddy pourraient n’être qu’un début. »

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