Serbie : le président Aleksandar Vučić dénonce une “attaque terroriste” devant le Parlement à Belgrade

Un homme de 70 ans a provoqué un incendie et tiré plusieurs coups de feu devant le bâtiment du Parlement à Belgrade, mercredi, blessant une personne. L’assaillant, rapidement interpellé par la police, a été accusé de tentative de meurtre, de mise en danger public et de possession illégale d’armes, selon un communiqué des autorités.

Une attaque “motivée politiquement”, selon Vučić

Le président serbe Aleksandar Vučić a fermement condamné l’incident, qualifiant les faits d’“attaque terroriste affreuse” lors d’une conférence de presse donnée dans la capitale.

“L’homme a utilisé une arme à feu dans le but de causer un danger public et il était sans aucun doute motivé par des raisons politiques”, a affirmé le chef de l’État.

L’agresseur a ouvert le feu sur un camp de tentes installé par des partisans du président Vučić depuis mars, en réponse aux manifestations étudiantes qui agitent la Serbie depuis près d’un an. Après avoir blessé une personne, il aurait mis le feu aux tentes avant d’être maîtrisé.

Des images choquantes diffusées par les autorités

Aleksandar Vučić a diffusé une vidéo de l’attaque, dans laquelle le tireur présumé déclare qu’il voulait que la police le tue et qu’il était “gêné par les tentes” installées devant le Parlement. Les images montrent ensuite un départ de feu suivi de plusieurs détonations, tandis que des policiers dégainent leurs armes et ordonnent aux civils de se mettre à l’abri.

Le ministre serbe de la Santé, Zlatibor Lončar, a confirmé qu’une personne avait été grièvement blessée par balle, précisant que la victime se trouvait dans un état stable.

“Il s’agit d’un homme blessé par quelqu’un qui pense différemment”, a-t-il déclaré, sans fournir davantage de détails.

Un contexte social et politique tendu

Cet incident survient dans un climat politique extrêmement tendu en Serbie, marqué par presque un an de manifestations étudiantes contre la corruption et le pouvoir autoritaire reproché à Aleksandar Vučić.

Il intervient également à quelques jours du premier anniversaire de la tragédie de Novi Sad, où l’effondrement d’un auvent en béton dans une gare avait fait 16 morts. Ce drame avait déclenché une vague de protestations massives à travers le pays, menées notamment par des jeunes dénonçant la mauvaise gouvernance et l’impunité des responsables publics.

Une société serbe à vif

Pour de nombreux observateurs, cette nouvelle attaque souligne la montée de la tension politique et sociale dans un pays où les divisions s’accentuent. Le gouvernement a promis d’accroître la sécurité autour des institutions publiques et d’accélérer l’enquête afin de déterminer les motivations précises du suspect.

L’opposition, de son côté, appelle à une désescalade du discours politique et à un retour au dialogue national, estimant que le climat de confrontation entretenu par les dirigeants contribue à radicaliser une partie de la population.

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