L’ouragan Melissa, qui a semé la mort et la désolation dans les Caraïbes au cours des derniers jours, s’éloignait rapidement des Bermudes tôt ce vendredi matin, selon le Centre national des ouragans (NHC). La tempête, parmi les plus puissantes jamais enregistrées dans la région, a fait près de 50 morts entre Haïti, la Jamaïque et Cuba.
Un ouragan historique et meurtrier
Classé en catégorie 5, le niveau le plus élevé sur l’échelle Saffir-Simpson, Melissa a frappé la Jamaïque mardi avec des vents atteignant près de 300 km/h. D’après les autorités locales, 19 personnes ont perdu la vie sur l’île, tandis qu’en Haïti, durement frappé par de violentes pluies et inondations, au moins 30 morts – dont dix enfants – et 20 disparus ont été recensés. La majorité des décès ont été provoqués par la crue d’une rivière dans le sud-ouest du pays.
Des dégâts considérables à Cuba
À Cuba, notamment à Santiago de Cuba, la deuxième ville du pays, l’ouragan a causé des destructions massives : maisons effondrées, toitures arrachées et coupures d’électricité à grande échelle. Les habitants tentent désormais de reconstruire tant bien que mal.
« Ce n’est pas facile de perdre tout ce qu’on a », confie Mariela Reyes, une habitante dont la maison a été détruite. Le président Miguel Diaz-Canel a confirmé que l’ouragan avait provoqué des “dégâts considérables”, sans toutefois faire de victimes.
Une intensité accrue par le changement climatique
Selon une étude de l’Imperial College de Londres, les activités humaines et le réchauffement climatique ont renforcé la puissance et la destructivité de l’ouragan Melissa. Ce phénomène s’inscrit dans une tendance mondiale à la multiplication d’événements météorologiques extrêmes.
Une aide internationale en route
Face à l’ampleur des dégâts, la communauté internationale s’est rapidement mobilisée.
Les États-Unis ont envoyé des équipes de secours et du matériel d’urgence dans les zones sinistrées. Le Royaume-Uni a annoncé une aide financière de 2,5 millions de livres (environ 2,8 millions d’euros), tandis que la France expédie une cargaison d’aide humanitaire à la Jamaïque.
Une urgence climatique rappelée à la veille de la COP30
Le secrétaire exécutif de l’ONU chargé du climat, Simon Stiell, a rappelé, à quelques jours de l’ouverture de la COP30 au Brésil, la responsabilité humaine dans ces catastrophes.
« Chaque désastre climatique est un rappel tragique de l’urgence de limiter chaque fraction de degré de réchauffement », a-t-il déclaré, soulignant l’impact direct de la combustion du charbon, du pétrole et du gaz sur ces phénomènes extrêmes.
Alors que Melissa s’éloigne désormais des Bermudes et devrait devenir un cyclone extratropical dans la journée, les pays caribéens comptent leurs morts et commencent difficilement à panser leurs plaies.