Algérie : un double revers diplomatique qui accentue son isolement

En l’espace de deux jours, le régime algérien a subi ce qui pourrait être qualifié de double humiliation diplomatique, soulignant un isolement croissant sur la scène internationale.

Tout a commencé le 30 octobre, avec l’adoption par l’Assemblée nationale française d’une résolution initiée par le Rassemblement national (RN) dénonçant l’accord de 1968, qui garantit aux citoyens algériens un régime d’immigration favorable. Une décision historique, du jamais-vu pour un texte émanant du RN, qui a provoqué la colère d’Alger.

Le second revers est survenu 24 heures plus tard, avec le vote du Conseil de sécurité des Nations Unies en faveur du plan marocain d’autonomie pour le Sahara occidental, territoire disputé depuis 50 ans entre le Maroc et les indépendantistes du Front Polisario, soutenus par l’Algérie. Marine Le Pen s’est empressée de saluer ce vote comme un “brillant succès”, adressant ses “plus vives félicitations” au roi Mohammed VI.

Ces deux événements, rapprochés, témoignent de l’isolement du régime algérien. Fâché avec la plupart de ses voisins à l’exception de la Tunisie plongée dans ses propres crises internes l’État algérien semble prisonnier de sa posture non-alignée héritée des années 1960.

« L’Algérie refuse de sceller de véritables alliances, elle ne peut donc pas compter sur ces pays quand elle a besoin », note le chercheur Riccardo Fabiani. Même la Russie, son partenaire historique et principal fournisseur d’armes, n’a pas exercé son veto lors du vote onusien.

Malgré ce recul diplomatique, le régime algérien reste néanmoins un acteur potentiellement dangereux. Deux citoyens français, l’écrivain Boualem Sansal et le journaliste Christophe Gleizes, restent détenus depuis plusieurs mois dans les geôles algériennes, illustrant la persistance des tensions bilatérales.

Ce double revers met en lumière un pays à la fois affaibli et imprévisible, confronté à l’urgence de repenser sa stratégie diplomatique face à un monde qui semble lui tourner le dos.

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