Le Dixième Sommet des Amériques, initialement prévu du 1er au 6 décembre en République dominicaine, a été reporté à 2026 sans date précise, a annoncé lundi le gouvernement dominicain. La décision a été prise après « une analyse minutieuse de la situation dans la région » et avec l’accord des États-Unis.
Dans un communiqué officiel, le gouvernement dominicain évoque « les profondes divergences qui compliquent actuellement un dialogue productif dans les Amériques » et cite également « l’impact des récents événements climatiques », notamment le passage dévastateur de l’ouragan Melissa, qui a gravement touché plusieurs pays des Caraïbes.
Le report a été convenu en consultation avec les partenaires les plus proches, y compris les États-Unis, initiateurs originels du forum, ainsi qu’avec d’autres pays clés et les principales institutions internationales, comme l’Organisation des États Américains (OEA) et la Banque Interaméricaine de Développement (BID).
Des tensions régionales exacerbées
Le déploiement militaire américain au Venezuela a provoqué des frictions non seulement avec Caracas, mais aussi avec d’autres pays de la région, notamment la Colombie et le Brésil. Celso Amorim, conseiller spécial du président brésilien Lula pour les Affaires étrangères, a averti qu’une intervention américaine au Venezuela « peut enflammer l’Amérique du Sud » et ne sera pas acceptée par le Brésil.
Depuis début septembre, les États-Unis ont mené des frappes aériennes dans le Pacifique et les Caraïbes contre ce qu’ils présentent comme des embarcations de narcotrafiquants. Au total, le gouvernement américain revendique 15 attaques ayant fait au moins 65 morts. Parallèlement, huit navires de guerre ont été déployés dans la région, des avions de chasse F-35 sont basés à Porto Rico, et un porte-avions américain, le plus gros au monde, est en route vers la zone.
Le président américain a reconnu avoir autorisé des opérations clandestines de la CIA sur le territoire vénézuélien et a évoqué la possibilité de frappes terrestres visant des cibles « narcoterroristes ».
Caracas dénonce un prétexte pour un changement de régime
Le dirigeant vénézuélien Nicolás Maduro, considéré par Washington comme illégitime et inculpé aux États-Unis pour narcotrafic, accuse les États-Unis de vouloir utiliser le trafic de drogue comme prétexte pour imposer un changement de régime et s’emparer des ressources pétrolières du pays.
Par ailleurs, Saint-Domingue avait initialement exclu Cuba, le Nicaragua et le Venezuela du sommet prévu à Punta Cana, décision qui avait déjà provoqué la désapprobation de pays comme le Mexique et la Colombie, qui avaient annoncé mi-octobre qu’ils n’y participeraient pas.
Le report du sommet illustre à la fois la fragilité de la diplomatie régionale et l’ampleur des tensions géopolitiques dans les Amériques, aggravées par les interventions américaines au Venezuela.