Rencontre entre le Pape Léon XIV et le chef de l’autorité palestinienne : ce qu’il faut retenir

Le pape Léon XIV a reçu ce mercredi au Vatican le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, pour une audience à haute portée diplomatique. C’est la première fois que les deux hommes se rencontrent depuis l’élection du souverain pontife américain en mai dernier. L’entretien, jugé « cordial » par le Bureau de presse du Saint-Siège, a porté sur la crise humanitaire dans la bande de Gaza et sur la nécessité de relancer la solution à deux États, alors que la guerre entre Israël et le Hamas a plongé la région dans un chaos prolongé.

Une rencontre symbolique au cœur du Vatican

La rencontre s’est déroulée au palais apostolique du Vatican et coïncidait avec le dixième anniversaire de l’accord global entre le Saint-Siège et l’État de Palestine, signé le 26 juin 2015 et entré en vigueur en janvier 2016.
Le pape Léon XIV et Mahmoud Abbas ont échangé sur « l’urgence d’apporter une aide à la population civile de Gaza et de mettre fin au conflit en poursuivant une solution à deux États », selon un communiqué officiel.

Mahmoud Abbas, président du Fatah et chef de l’Autorité palestinienne, contrôle partiellement la Cisjordanie, tandis que la bande de Gaza reste dominée depuis 2007 par le mouvement islamiste Hamas, rival politique du Fatah. Cette division interne palestinienne a durablement fragmenté la représentation politique face à Israël.

Recueillement sur la tombe du pape François

Avant son audience, Mahmoud Abbas s’est rendu à la basilique Sainte-Marie-Majeure pour un moment de recueillement sur la tombe du pape François, décédé en avril dernier.
« Je suis venu le voir parce que je ne peux pas oublier ce qu’il a fait pour le peuple palestinien », a-t-il déclaré à la presse, en déposant un bouquet de fleurs. Le père Ibrahim Faltas, ancien vicaire de la Custodie de Terre Sainte, l’accompagnait lors de cette visite privée.

Cette étape marquait un geste personnel fort : le pape François avait, durant les dernières années de son pontificat, critiqué avec fermeté l’offensive israélienne à Gaza, provoquant des tensions diplomatiques avec l’ambassade d’Israël près le Saint-Siège.

Une audience attendue de longue date

L’entretien du 6 novembre était prévu depuis plusieurs semaines. Avant cette rencontre, le pape Léon XIV et Mahmoud Abbas s’étaient entretenus par téléphone le 21 juillet. Le pontife y avait rappelé les principes fondamentaux du Saint-Siège : le respect du droit international humanitaire, la protection des civils et des lieux saints, le rejet de la force indiscriminée et des déplacements forcés de populations.

Sous son nouveau pontificat, Léon XIV confirme la ligne diplomatique de ses prédécesseurs : le Vatican se positionne comme un acteur neutre mais engagé, défendant le dialogue, la réconciliation et la coexistence pacifique.

Le Saint-Siège et la Palestine : une relation ancienne

Le Saint-Siège entretient des liens constants avec la Palestine depuis plusieurs décennies. En 2014, sous le pontificat de François, une prière historique pour la paix avait réuni au Vatican Mahmoud Abbas, le président israélien Shimon Peres et le pape argentin, dans les jardins du Vatican, autour de la plantation d’un olivier, symbole de paix.
La dernière visite d’Abbas remontait à décembre 2024, alors que le Saint-Siège plaidait déjà pour une solution à deux États avec Jérusalem comme lieu de rencontre des trois religions monothéistes.

Depuis la reconnaissance officielle de l’État de Palestine par le Vatican en 2015, la diplomatie du Saint-Siège s’efforce de maintenir des canaux ouverts avec les deux parties, tout en rappelant la responsabilité humanitaire de la communauté internationale face à la souffrance des civils.

Une ligne diplomatique inchangée sous Léon XIV

Le pape Léon XIV maintient une position claire sur le conflit israélo-palestinien :
• la protection des civils et des lieux saints,
• le rejet de l’usage indiscriminé de la force,
• la diplomatie comme seule voie possible,
• et la reconnaissance de Jérusalem comme ville au statut spécial et patrimoine commun de l’humanité.

Le Vatican affirme son souhait d’un cessez-le-feu durable, d’un accès humanitaire sans entrave à Gaza et de la reprise immédiate des négociations politiques pour une coexistence durable entre Israël et la Palestine.

Une diplomatie équilibrée : après Herzog, Abbas

Cette audience survient deux mois après la visite du président israélien Isaac Herzog, reçu le 4 septembre dernier au Vatican. Le pape Léon XIV avait alors appelé à « une reprise rapide du dialogue et à un respect strict du droit international humanitaire ».

La double séquence diplomatique — réception de Herzog en septembre et d’Abbas en novembre — illustre la volonté du Saint-Siège de jouer un rôle de médiateur moral dans un contexte régional explosif.

Alors que la bande de Gaza reste meurtrie par deux ans de guerre et qu’un cessez-le-feu fragile tente de tenir, le pape Léon XIV confirme son ambition : faire du Vatican un pont entre les peuples et une voix de paix dans une région où la diplomatie et la compassion demeurent les seules armes possibles.

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