Alors que la 30e conférence de l’ONU sur le climat (COP30) s’ouvre ce lundi à Belem, au Brésil, l’Afghanistan ne figure pas parmi les pays invités. Ce pays, considéré comme le sixième plus vulnérable au changement climatique, exprime son mécontentement.
À Kaboul, l’Agence nationale de protection de l’environnement (Nepa) a dénoncé l’absence d’invitation officielle. « Au nom du gouvernement et du peuple afghan, nous exprimons notre profonde préoccupation face à ce fait », a déclaré l’agence, rappelant que l’Afghanistan subit de plein fouet les conséquences du changement climatique.
En 2024, une délégation taliban avait pu participer à la COP29 à Bakou, mais uniquement en tant qu’invitée de l’Azerbaïdjan, et non comme partie prenante des négociations. Depuis leur retour au pouvoir en 2021, les taliban estiment que leur isolement diplomatique ne doit pas les exclure des discussions internationales sur le climat. « La violation du droit du peuple afghan à participer à cette conférence contredit les principes de justice climatique, de coopération internationale et de solidarité humaine », a souligné Nepa.
L’Afghanistan, responsable de seulement 0,06 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, reste extrêmement dépendant de l’agriculture, source de subsistance pour environ 89 % de ses 48 millions d’habitants. Le pays a subi entre 2020 et 2025 des sécheresses répétées, provoquant une baisse drastique des nappes phréatiques, parfois jusqu’à 30 mètres, selon l’ONU. Ces phénomènes climatiques accentuent la vulnérabilité d’une population déjà fragilisée par quatre décennies de conflits et de pauvreté.
À quelques jours de l’ouverture de la COP30, les Nations unies rappellent que 2025 pourrait être la 2e ou 3e année la plus chaude jamais enregistrée, soulignant l’urgence de solutions climatiques globales et inclusives.