Le sommet du G20, organisé les 22 et 23 novembre en Afrique du Sud, s’est conclu sur un accord majeur portant sur l’allègement de la dette des pays en développement. Une avancée obtenue malgré l’absence totale des États-Unis, qui ont boycotté l’événement. Dans la foulée, une nouvelle crise diplomatique a éclaté après que le président américain Donald Trump a annoncé que l’Afrique du Sud ne serait pas invitée au prochain sommet prévu en 2026 à Miami.
Un accord sur la dette adopté sans Washington
Réunis à Johannesburg, les dirigeants des principales économies mondiales ont validé une déclaration commune axée sur :
• la restructuration des dettes des pays vulnérables,
• l’accès élargi aux financements internationaux,
• la réduction de la vulnérabilité des économies les plus fragiles,
• la transition climatique et les défis économiques globaux.
Le boycott américain avait soulevé des doutes sur la possibilité d’obtenir un consensus. Cependant, les autres membres ont décidé d’aller de l’avant, réaffirmant leur volonté de maintenir le G20 comme forum central de coopération multilatérale. Plusieurs dirigeants ont salué une approche responsable visant à empêcher que les pays les plus endettés ne soient forcés de réduire leurs investissements essentiels, notamment dans l’éducation, la santé et l’énergie.
Le premier G20 sur le sol africain : un succès symbolique pour Pretoria
Pour l’Afrique du Sud, hôte du sommet, l’adoption d’un accord malgré l’absence américaine représente un succès diplomatique important. Pretoria avait fait de la question de la dette un axe prioritaire, afin de mettre en lumière la situation de nombreux pays africains confrontés à la hausse des taux d’intérêt et aux pressions budgétaires.
Ce sommet historique renforce également la position croissante des pays du Sud dans les discussions économiques internationales.
Trump annonce l’exclusion de l’Afrique du Sud du G20 2026
Quelques jours après la clôture du sommet, Donald Trump a déclenché une nouvelle polémique. Dans un message publié sur son réseau Truth Social le 26 novembre, il a annoncé que l’Afrique du Sud ne serait pas invitée au sommet du G20 prévu à Miami en 2026, dans un complexe de golf lui appartenant.
Trump a affirmé que l’Afrique du Sud « n’était pas digne d’être membre de quoi que ce soit », reprenant ses accusations infondées d’une prétendue persécution meurtrière de fermiers blancs sud-africains. Ces déclarations s’inscrivent dans une série d’attaques répétées du président américain contre Pretoria depuis son retour à la Maison-Blanche.
Une relation bilatérale sous tension
Depuis plusieurs mois, Washington et Pretoria s’opposent frontalement sur divers dossiers :
• accusations américaines d’un « génocide » envers la minorité blanche sud-africaine,
• désaccords sur des questions foncières sensibles,
• sanctions américaines, notamment des droits de douane de 30 % sur les produits sud-africains,
• plainte déposée par l’Afrique du Sud contre Israël devant la Cour internationale de justice en 2023.
Trump avait déjà tendu un piège diplomatique au président Cyril Ramaphosa lors d’une visite à Washington, en lui montrant une vidéo erronée censée appuyer ses accusations.
Pretoria réagit : un membre « de plein droit » du G20
L’annonce de l’exclusion a provoqué une réaction immédiate de Pretoria, qui a rappelé :
• que l’Afrique du Sud est un membre permanent du G20,
• qu’aucun pays ne peut en exclure un autre de manière unilatérale,
• que sa participation est fondée sur sa souveraineté et ses engagements démocratiques.
La présidence sud-africaine a dénoncé les « insultes » venues de Washington et regretté que Trump continue de prendre des mesures « punitives » basées sur de la « désinformation ». Pretoria a finalement transmis la présidence du G20 aux États-Unis lors d’une cérémonie discrète, conformément aux règles du groupement.
Une fracture profonde avant le sommet de 2026
L’escalade verbale et diplomatique entre Washington et Pretoria risque de peser lourdement sur l’organisation du sommet du G20 de 2026 à Miami.
Alors que le sommet de Johannesburg avait permis une avancée majeure sur la dette, l’annonce américaine fragilise la cohésion du groupement et met en lumière les tensions croissantes entre certains États membres.