Les autorités anticorruption ukrainiennes ont mené vendredi une perquisition dans les bureaux d’Andriy Yermak, directeur de cabinet du président Volodimir Zelensky, provoquant sa démission quelques heures plus tard. Une annonce confirmée par la justice anticorruption, qui précise que ces opérations s’inscrivent dans une enquête en cours.
Une perquisition menée dans le cadre d’une vaste enquête
Dans un communiqué publié sur Telegram, le Bureau national anticorruption d’Ukraine (NABU) et le Bureau du procureur spécialisé anticorruption (SAPO) ont indiqué que les perquisitions étaient « autorisées » et effectuées « dans le cadre d’une investigation ».
« Les actions d’enquête sont autorisées et sont menées dans le cadre de l’investigation. Des détails suivront », ont précisé les autorités.
Ces opérations interviennent alors que NABU et SAPO enquêtent depuis début novembre sur un système présumé de rétrocommissions de 100 millions de dollars au sein de la société nationale d’énergie atomique. Plusieurs anciens hauts responsables seraient impliqués, ainsi qu’un ex-partenaire commercial de Volodimir Zelensky.
Démission d’Andriy Yermak
Quelques heures après la perquisition, Volodimir Zelensky a annoncé avoir signé le décret validant la démission d’Andriy Yermak.
Ce dernier, âgé de 54 ans, occupait ce poste clé depuis 2020. Ancien producteur de cinéma et juriste spécialisé en propriété intellectuelle, il était considéré comme l’homme le plus influent du pays après le président.
Dans un message publié sur Telegram, Yermak a affirmé coopérer pleinement avec les enquêteurs. Zelensky a indiqué qu’il se pencherait sur sa succession dès samedi.
Un scandale qui ébranle la présidence
Selon plusieurs députés de l’opposition, les perquisitions visant Yermak seraient liées à l’un des plus graves scandales de corruption touchant la présidence Zelensky ces dernières semaines.
Ce scandale a déjà entraîné la destitution de deux ministres et porte sur un « système criminel » ayant permis le détournement de près de 100 millions de dollars dans le secteur énergétique, selon les autorités anticorruption.
Le cerveau présumé du réseau serait Timour Minditch, ancien partenaire commercial de Zelensky et co-directeur du studio où le président tournait sa série humoristique avant son élection. Zelensky a imposé des sanctions financières contre lui, et le studio lui a retiré toutes ses prérogatives.
À ce stade, Andriy Yermak n’est pas désigné comme suspect dans cette affaire, même si plusieurs députés, y compris du parti présidentiel, réclamaient sa démission.
Un contexte politique sous tension
Cette affaire intervient alors que Kiev subit une pression croissante pour accepter un accord de paix soutenu par les États-Unis dans la guerre contre la Russie.
Elle pourrait également raviver les tensions entre Zelensky et ses adversaires politiques à un moment où l’Ukraine cherche à préserver le soutien financier et militaire de ses alliés.
Dans une allocution télévisée, Zelensky a réagi en déclarant :
« La Russie veut vraiment que l’Ukraine fasse des erreurs. Il n’y aura pas d’erreurs de notre part. Notre travail continue. »