Selon des informations dévoilées par The Telegraph, l’administration américaine s’apprêterait à franchir une étape majeure dans la guerre en Ukraine. Les États-Unis envisageraient de reconnaître le contrôle russe sur la Crimée ainsi que sur plusieurs territoires ukrainiens occupés, une initiative portée directement par le président Donald Trump.
Une mission spéciale américaine à Moscou
D’après le quotidien britannique, un déplacement de haut niveau devrait avoir lieu prochainement à Moscou. Sur instruction de Donald Trump, son envoyé spécial pour la paix, Steve Witkoff, accompagné de son gendre Jared Kushner, doit se rendre en Russie afin de présenter une proposition officielle à Vladimir Putin.
L’objectif : signifier au Kremlin que Washington est prêt à reconnaître la souveraineté de facto de la Russie sur la Crimée et sur les autres zones contrôlées militairement depuis le début de l’invasion.
Une démarche qui bouscule les normes diplomatiques
Toujours selon The Telegraph, ce projet contreviendrait aux règles diplomatiques habituellement suivies par les États-Unis et inquiéterait profondément plusieurs pays de l’Union européenne.
Une source citée par le journal estime qu’« il est de plus en plus évident que les Américains se moquent de la position européenne », soulignant un fossé grandissant entre Washington et ses alliés sur la gestion du conflit.
Un premier plan de paix en 28 points favorable à Moscou
Steve Witkoff aurait rédigé un premier plan de paix en 28 points, après des échanges directs avec des responsables russes. Ce projet initial prévoyait :
• la reconnaissance de l’annexion de la Crimée par la Russie,
• l’acceptation du contrôle russe sur les deux régions du Donbass,
• la mainmise de Moscou sur les zones occupées au-delà de la ligne de front dans les oblasts de Kherson et de Zaporijia, après un cessez-le-feu.
Un schéma largement avantageux pour la Russie.
Une version réduite à 19 points après Genève
Le week-end dernier, des représentants ukrainiens et américains se sont réunis à Genève. Ils ont travaillé sur une version allégée du plan, ramenée à 19 points, et jugée moins favorable à Moscou.
Cependant, plusieurs sources soulignent que les concessions implicites américaines restent bel et bien présentes, faisant partie d’une stratégie globale visant à avancer vers un accord de paix.
Kiev ne serait pas contrainte de reconnaître l’annexion
Même si Washington pourrait reconnaître certains gains territoriaux russes, The Telegraph précise que Kiev ne serait pas obligée de reconnaître juridiquement la souveraineté russe sur ces territoires annexés depuis 2014.
La Constitution ukrainienne interdit à tout président de céder des portions du territoire national sans un référendum populaire, ce qui limite fortement la marge de manœuvre des autorités ukrainiennes dans toute négociation.