Des milliers de Bulgares ont pris d’assaut les rues de Sofia ce lundi pour protester contre le projet de budget présenté par le gouvernement pour l’année prochaine. Les manifestants dénoncent principalement l’augmentation prévue des salaires du secteur public et les hausses d’impôts, qu’ils jugent inefficaces et susceptibles de renforcer la corruption endémique dans le pays.
Les tensions ont rapidement dégénéré à la fin du rassemblement, lorsque certains participants ont pris pour cible le siège d’un parti politique soutenant le gouvernement ainsi qu’un bureau du parti au pouvoir. Des bennes à ordures ont été incendiées et plusieurs voitures vandalisées, provoquant l’intervention de la police pour contenir les violences.
Ces manifestations, qui ont commencé fin novembre, surviennent dans un contexte de défiance croissante envers les institutions bulgares. Les opposants au projet de budget estiment que, dans un système public déjà marqué par la corruption, l’augmentation des salaires et des impôts ne ferait qu’aggraver les pratiques frauduleuses.
Le président bulgare, Roumen Radev, a condamné les violences et les a qualifiées de “provocation”, tout en appelant le gouvernement à démissionner. De son côté, la coalition au pouvoir prévoit de proposer cette semaine des amendements au texte budgétaire, après avoir promis de ne pas adopter certaines mesures contestées, notamment l’augmentation des cotisations sociales.
Ce projet de budget revêt une importance particulière, car il sera le premier de la Bulgarie à être calculé en euros, dans le cadre de l’entrée du pays dans la zone euro prévue le 1er janvier. La Bulgarie figure parmi les États membres de l’Union européenne les plus touchés par la corruption, aux côtés de la Hongrie et de la Roumanie, selon l’indice de perception de la corruption de Transparency International.