Le président vénézuélien Nicolas Maduro a fermement rejeté lundi ce qu’il a qualifié de “paix des esclaves”, soulignant que son pays ne céderait pas face à la pression américaine. S’adressant à ses partisans, M. Maduro a insisté sur le fait que le Venezuela souhaite la paix, mais “une paix avec la souveraineté, une paix avec l’égalité, une paix avec la liberté”, et non une paix imposée par la contrainte extérieure.
Le chef de l’État a dénoncé ce qu’il considère comme une “agression” militaire américaine dans les Caraïbes, active depuis 22 semaines, qu’il a qualifiée de “terrorisme psychologique”. Il a également insisté sur la force du peuple vénézuélien, affirmant que le pouvoir national repose sur la participation des citoyens et “s’appuie sur l’immense force de son peuple, sa conscience, ses institutions, ses fusils et sa détermination à construire cette patrie en dépit de toutes les difficultés”. Selon lui, ce renforcement du tissu social rend le pouvoir vénézuélien “invincible, éternel et perpétuel”.
M. Maduro a précisé que l’objectif principal de son gouvernement est de préserver “la paix dans la dignité”, en défendant la république et l’autonomie politique du pays.
Du côté américain, la pression s’est intensifiée depuis plusieurs mois. Le président des États-Unis, Donald Trump, a renforcé la présence navale dans les Caraïbes, menant depuis septembre des frappes contre des navires soupçonnés de narcotrafic et avertissant le Venezuela de se tenir éloigné de son espace aérien. Lors d’une conversation téléphonique le 21 novembre, M. Trump aurait même lancé un ultimatum à M. Maduro, exigeant son départ du pays.
En réaction, le Venezuela a révoqué les droits d’exploitation de six grandes compagnies aériennes internationales qui avaient suspendu leurs vols vers le pays suite aux avertissements américains. Le gouvernement vénézuélien a nié toutes les accusations criminelles et a dénoncé une tentative des États-Unis de renverser le régime afin de contrôler les vastes ressources naturelles du pays, notamment le pétrole.
Depuis le début des opérations américaines en septembre, au moins 21 frappes ont été menées contre des bateaux soupçonnés de transporter de la drogue dans les Caraïbes et le Pacifique, causant la mort d’au moins 83 personnes.