Guerre en Ukraine : Zelensky réaffirme son refus de céder des territoires et reçoit un soutien renforcé des Européens

Un front européen soudé autour de Kiev

Réunis lundi à Londres, les alliés européens ont affiché une nouvelle démonstration de soutien à Volodymyr Zelensky. Le président ukrainien a rappelé qu’il n’avait « aucun droit » de céder les territoires revendiqués par Moscou, rejetant fermement toute concession territoriale. Autour de lui, les dirigeants français, allemand et britannique ont tenu une réunion d’environ deux heures, dans un contexte de pressions diplomatiques renouvelées.

Cette rencontre intervient après la critique du président américain Donald Trump, qui a reproché la veille à Zelensky de « ne pas avoir lu » les dernières propositions américaines de règlement du conflit.

Des divergences autour des propositions américaines

Le chancelier allemand Friedrich Merz a exprimé son « scepticisme » envers « certains détails » contenus dans les documents transmis par les États-Unis, sans préciser lesquels. Selon un haut responsable au fait des négociations, la question territoriale demeure le point le plus « problématique ».
La Russie, qui contrôle plus de 80 % du Donbass, exige l’ensemble de ce territoire, une demande que Kiev rejette systématiquement.

Zelensky a été clair : « Envisageons-nous de céder des territoires ? Nous n’avons aucun droit légal ni moral de le faire », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse en ligne après le sommet de Londres.

Une tournée diplomatique intense pour Zelensky

Le président ukrainien doit rencontrer la Première ministre italienne Giorgia Meloni à Rome ce mardi. Il s’est également entretenu dans la soirée à Bruxelles avec le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, ainsi qu’avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

Cette dernière a réaffirmé que « l’Union européenne reste inflexible dans son soutien à l’Ukraine », ajoutant que la sécurité de Kiev constitue « la première ligne de défense de l’Union ».

Financement et réparations : un enjeu crucial

La question des « réparations » liées aux dommages de guerre fait partie des priorités soulevées par Zelensky.
Un responsable britannique a indiqué « espérer prochainement des avancées » concernant l’utilisation des avoirs russes gelés pour financer l’Ukraine. L’Union européenne souhaite parvenir à un accord lors du sommet européen des 18 et 19 décembre.

L’Europe face au plan américain

Depuis la présentation, il y a presque trois semaines, d’un plan américain perçu comme favorable à Moscou, les puissances européennes tentent de contrebalancer l’approche de Washington.
La réunion de Londres a servi à « poursuivre le travail commun sur le plan américain », afin de l’ajuster avec des contributions européennes, et ce « en étroite coordination » avec Kiev, selon la présidence française.

Avant le sommet, le Premier ministre britannique Keir Starmer avait assuré qu’il ne « mettrait pas la pression » sur Zelensky pour accepter les propositions américaines, estimant que l’objectif prioritaire reste « une cessation des hostilités juste et durable ».

Washington souffle le chaud et le froid

Après une réunion tripartite à Genève fin novembre entre Ukrainiens, Américains et Européens, les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner ont été reçus par Vladimir Poutine. Le Kremlin affirme avoir constaté des « avancées », tout en reconnaissant qu’« il reste beaucoup de travail ».

À Washington, Donald Trump a de nouveau critiqué Zelensky dimanche soir lors d’un gala. Il s’est dit « déçu » que le dirigeant ukrainien n’ait pas encore lu la proposition américaine. Ces remarques ravivent les accusations selon lesquelles le président américain serait trop conciliant envers Moscou.

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