La plage de Bondi, lieu emblématique de Sydney, a été le théâtre d’un attentat antisémite d’une ampleur exceptionnelle dimanche 14 décembre 2025. Deux hommes armés ont ouvert le feu sur une célébration de Hanoukka, faisant au moins 15 morts et une quarantaine de blessés, selon le dernier bilan communiqué par les autorités australiennes. Parmi les victimes figure un jeune Français.
Une attaque lors d’une célébration de Hanoukka
Les faits se sont produits vers 18 h 45 lors de l’événement « Chanukah by the Sea », organisé pour marquer le premier jour de la fête juive de Hanoukka. Des centaines de personnes, familles et enfants compris, étaient réunies sur la célèbre plage lorsqu’un père et son fils ont tiré depuis un pont sur la foule pendant plusieurs minutes.
La fusillade a provoqué une panique massive : des participants ont tenté de se disperser sur le sable, d’autres se sont réfugiés dans l’eau ou dans les rues voisines. La police est intervenue rapidement. Le père, âgé de 50 ans, a été abattu sur place. Son fils, Naveed Akram, 24 ans, a été grièvement blessé et hospitalisé sous surveillance policière.
Les forces de l’ordre ont par ailleurs découvert des engins explosifs artisanaux dans le véhicule des suspects, qui ont été neutralisés.
Un lourd bilan humain
Le dernier bilan officiel fait état de 15 morts, même si certaines sources ont évoqué un chiffre supérieur dans les heures suivant l’attaque, avant clarification des autorités.
Parmi les victimes identifiées :
• Dan Elkayam, ingénieur français de 27 ans, installé à Sydney depuis décembre 2024 ;
• un ressortissant israélien, tandis qu’un autre a été blessé ;
• le rabbin Eli Schlanger, 41 ans, né à Londres, organisateur de l’événement et membre de Chabad Bondi ;
• Alex Kleytman, survivant de la Shoah, originaire d’Ukraine ;
• une fillette de 10 ans.
Les victimes sont âgées de 10 à 87 ans, illustrant le caractère indiscriminé de l’attaque.
Le profil des suspects et la piste terroriste
Les assaillants sont un père de 50 ans, d’origine pakistanaise, détenteur légal de six armes à feu, et son fils de 24 ans, maçon récemment au chômage. La famille vivait à Bonnyrigg, à environ 40 kilomètres à l’ouest de Sydney. Des perquisitions ont été menées à leur domicile et sur un autre site lié à l’enquête.
Selon la télévision publique ABC, les services de renseignement australiens avaient déjà enquêté en 2019 sur d’éventuels liens entre le fils et une cellule de l’État islamique. Les deux suspects pourraient avoir prêté allégeance au groupe terroriste avant de passer à l’acte. ABC affirme également que deux drapeaux de l’EI auraient été retrouvés dans leur véhicule, information qui n’avait pas encore été officiellement confirmée par les autorités lundi matin.
Le « héros au tee-shirt blanc »
Au milieu du chaos, un geste de bravoure a marqué les esprits. Ahmed Al Ahmed, commerçant de 43 ans, est parvenu à désarmer l’un des tireurs en le surprenant par-derrière, contribuant à limiter le nombre de victimes. Touché par deux balles, il a été hospitalisé et se trouvait lundi dans un état stable.
Son intervention, filmée par des témoins, a été saluée par le Premier ministre de la Nouvelle-Galles du Sud, Chris Minns, qui a parlé d’un acte « véritablement héroïque ». Le Premier ministre australien Anthony Albanese a également rendu hommage à ce courage citoyen.
Réactions nationales et internationales
Anthony Albanese a dénoncé un « acte d’antisémitisme maléfique » visant directement la communauté juive australienne et a annoncé un deuil national. En France, le président Emmanuel Macron a exprimé sa profonde tristesse après la mort de Dan Elkayam et a réaffirmé la détermination de la France à lutter contre la haine antisémite.
Les représentants de la communauté juive australienne, Alex Ryvchin et Jillian Segal, ont évoqué une « peur devenue réalité ». Le président israélien Isaac Herzog a qualifié l’attaque de « cruelle envers les Juifs », tandis que Benyamin Netanyahou et Gideon Saar ont critiqué l’inaction présumée face à la montée de l’antisémitisme.
Les condamnations ont été unanimes à l’international, avec des réactions notamment de Marco Rubio, Ursula von der Leyen, ainsi que de pays comme le Qatar et l’Iran.
En France, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a promis une « pleine mobilisation de l’ensemble des services » pour renforcer la sécurité des lieux de culte et de célébration.
Une attaque symbolique et sans précédent
La fusillade de Bondi Beach est présentée comme la plus grave attaque en Australie depuis des décennies. Elle intervient dans un contexte de hausse mondiale des actes antisémites, deux ans après le 7 Octobre, et frappe symboliquement lors de la fête des Lumières, moment central du calendrier juif.