Fermeture des frontières, soldats tués… Ce que l’on sait de l’évolution du conflit entre la Thaïlande et le Cambodge

Le conflit armé entre la Thaïlande et le Cambodge connaît une nouvelle phase d’escalade. Samedi 13 décembre 2025, Phnom Penh a annoncé la fermeture totale de ses frontières avec la Thaïlande, tandis que le bilan humain continue de s’alourdir. Cette décision intervient dans un contexte de vives tensions diplomatiques, marquées notamment par le démenti thaïlandais d’un cessez-le-feu pourtant annoncé par le président américain Donald Trump.

Fermeture immédiate des passages frontaliers

Le gouvernement royal du Cambodge a décidé de suspendre tous les mouvements d’entrée et de sortie à l’ensemble des points de passage frontaliers avec la Thaïlande.
« Le gouvernement royal du Cambodge a décidé de suspendre tous les mouvements d’entrée et de sortie à tous les points de passage de la frontière Cambodge/Thaïlande, avec effet immédiat et jusqu’à nouvel ordre », a déclaré le ministère cambodgien de l’Intérieur dans un communiqué officiel.

Cette mesure intervient alors que les combats se poursuivent le long d’une frontière d’environ 800 kilomètres, déjà fortement militarisée.

Quatre soldats tués, un bilan militaire en hausse

Samedi, quatre soldats thaïlandais ont été tués par les forces cambodgiennes. Ces décès portent à quatorze le nombre total de soldats thaïlandais morts depuis la reprise des combats lundi.
Selon l’armée thaïlandaise, six civils ont également été blessés le même jour par des roquettes tirées depuis le territoire cambodgien.

Depuis juillet, date d’un premier épisode de violences, les affrontements ont fait au moins 25 morts et contraint des centaines de milliers de civils à fuir leurs habitations des deux côtés de la frontière.

Un cessez-le-feu annoncé puis démenti

La poursuite des hostilités contraste avec les déclarations de Donald Trump, qui avait affirmé vendredi soir que Bangkok et Phnom Penh avaient accepté de cesser les combats. Sur son réseau Truth Social, le président américain a assuré avoir obtenu l’engagement des deux dirigeants à arrêter les tirs et à revenir à un accord de paix initial, avec l’appui du Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim.

Cependant, les autorités thaïlandaises ont rapidement rejeté cette version. Le Premier ministre Anutin Charnvirakul a déclaré que Donald Trump n’avait « pas indiqué si nous devions instaurer un cessez-le-feu » lors de leur conversation téléphonique et que cette question « n’a pas été discutée ».

Frappes, représailles et accusations mutuelles

Le Premier ministre thaïlandais a réaffirmé que son pays poursuivrait ses opérations militaires tant que son territoire et sa population resteraient menacés. Dans ce contexte, l’aviation thaïlandaise affirme avoir « détruit avec succès » deux ponts situés au Cambodge, accusés de servir à l’acheminement d’armes vers les zones de combat.

De son côté, le ministère cambodgien de la Défense a accusé la Thaïlande d’avoir utilisé deux avions de combat F-16 pour larguer sept bombes sur plusieurs cibles. Le ministre cambodgien de l’Information, Neth Pheaktra, a dénoncé un élargissement des attaques thaïlandaises à des infrastructures civiles et à des civils cambodgiens.

Un différend territorial ancien

À l’origine de ce conflit se trouve un différend territorial ancien. La Thaïlande et le Cambodge se disputent depuis des décennies la souveraineté de zones frontalières abritant des temples de l’Empire khmer. La frontière actuelle, tracée au début du XXe siècle durant la période coloniale française, demeure une source de tensions récurrentes.

Un accord de cessez-le-feu avait été signé le 26 octobre sous l’égide de Donald Trump, mais celui-ci s’est rapidement fragilisé. Bangkok a suspendu cet accord quelques semaines plus tard, après l’explosion d’une mine qui avait blessé plusieurs soldats thaïlandais.

Une crise toujours ouverte

Alors que les combats se poursuivent et que les frontières sont désormais fermées, les perspectives de désescalade restent incertaines. La situation humanitaire continue de se dégrader, tandis que les tentatives diplomatiques peinent à produire des résultats concrets entre les deux voisins d’Asie du Sud-Est.

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