Volodymyr Zelensky cède sur l’Otan mais réclame des garanties de sécurité aux États-Unis et aux Européens

Réuni à Berlin ce dimanche 14 décembre, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a engagé un important geste politique dans l’espoir de débloquer les négociations autour d’un cessez-le-feu en Ukraine. Après cinq heures d’échanges avec des émissaires américains, le chef de l’État a reconnu que Kiev renonçait, au moins à court terme, à son ambition d’adhérer à l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (Otan), un objectif pourtant central de la diplomatie ukrainienne depuis plusieurs années.

Selon des informations rapportées par le Financial Times et Reuters, cette concession s’inscrit dans une stratégie visant à convaincre Washington de soutenir un cessez-le-feu sans concessions territoriales préalables à la Russie. De nouvelles discussions ukraino-américaines sont prévues lundi, suivies le soir d’une réunion élargie avec plusieurs dirigeants européens.

Un renoncement conditionnel à l’Otan

Avant l’ouverture des pourparlers, Volodymyr Zelensky a expliqué que l’Ukraine avait longtemps souhaité rejoindre l’Alliance atlantique, mais que ce projet n’avait pas bénéficié d’un soutien suffisant de la part de certains partenaires occidentaux. « Dès le départ, l’Ukraine souhaitait adhérer à l’Otan […] Certains partenaires américains et européens n’ont pas soutenu cette orientation », a-t-il déclaré.

Ce renoncement ne serait toutefois pas gratuit. En contrepartie, Kiev réclame des « garanties de sécurité contraignantes » afin d’éviter toute reprise des hostilités après un éventuel cessez-le-feu. « Nous voulons être sûrs qu’il n’y aura pas de répétition de la guerre », a insisté le président ukrainien.

Des garanties inspirées de l’article 5

Les garanties demandées s’inspireraient de l’article 5 de l’Otan, qui prévoit une assistance mutuelle en cas d’agression contre l’un des États membres. Elles émaneraient non seulement des États-Unis et des pays européens, mais aussi d’autres partenaires comme le Japon ou le Canada. Volodymyr Zelensky souhaite qu’elles soient juridiquement contraignantes et validées par le Congrès américain.

Pour Kiev, il s’agit déjà d’un compromis majeur. La non-adhésion de l’Ukraine à l’Otan constitue en effet une revendication centrale de Moscou, qui exige depuis des années l’arrêt de l’expansion de l’Alliance vers l’est comme condition à la fin du conflit.

Le débat sur la ligne de front

Le président ukrainien a également indiqué vouloir obtenir l’appui des États-Unis pour un cessez-le-feu reposant sur un gel de la ligne de front actuelle, plutôt que sur la cession complète du Donbass à la Russie, comme le réclame le Kremlin et comme l’aurait envisagé Washington. « Je sais que la Russie ne voit pas cela d’un bon œil et j’aimerais que les Américains nous soutiennent sur ce point », a-t-il déclaré.

Des Européens en quête d’influence

Alors que les combats se poursuivent, ajoutant de nouvelles victimes à un bilan déjà très lourd depuis l’invasion russe de février 2022, Donald Trump a exprimé son impatience face à la lenteur des discussions autour de son plan de règlement du conflit, jugé trop favorable à Moscou par Kiev et plusieurs capitales européennes.

Largement tenus à l’écart par une Maison Blanche critique à leur égard, les dirigeants européens entendent profiter des discussions de lundi pour peser davantage sur les négociations. Ils estiment que la sécurité du continent est directement en jeu et que la Russie représente une menace durable pour l’Europe.

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