Face à la montée des discours alarmistes en Europe évoquant un affrontement militaire imminent avec la Russie, le président russe Vladimir Putin a tenu à clarifier la position de Moscou. Lors d’une réunion élargie du Conseil du ministère de la Défense, mercredi 17 décembre, le chef du Kremlin a dénoncé ce qu’il qualifie de « mensonges délibérés » visant à présenter la Russie comme une menace directe pour le continent européen.
Depuis plusieurs mois, responsables politiques et ministres européens évoquent un « moment de bascule » ou encore un « choc à venir », préparant les opinions publiques à l’idée d’un conflit armé avec Moscou. Pour Vladimir Putin, cette rhétorique ne repose sur aucune réalité concrète. « J’ai répété à plusieurs reprises : c’est un mensonge, une absurdité, une pure absurdité que de parler d’une menace russe imaginaire pour les pays européens », a-t-il déclaré.
Le président russe insiste sur le fait que la Russie ne cherche pas la confrontation avec l’Europe. Toutefois, il a rappelé que Moscou ne se laisserait pas dicter sa conduite en matière de sécurité. « Si tel était le choix du Vieux Continent », a-t-il prévenu, la Russie serait prête à entrer en conflit pour défendre ses intérêts vitaux.
Moscou dénonce un discours belliciste européen
Ces déclarations s’inscrivent dans la continuité des propos tenus par le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. Le chef de la diplomatie russe accuse plusieurs capitales européennes d’adopter une posture ouvertement hostile envers la Russie, alimentant une escalade dangereuse.
« Comme le président Vladimir Putin l’a souligné, nous n’avons aucune intention d’entrer en guerre avec l’Europe. Nous n’en avons aucune envie », a affirmé Sergueï Lavrov le vendredi 10 décembre. Il a néanmoins identifié deux lignes rouges susceptibles de provoquer une réaction militaire russe : le déploiement de troupes européennes sur le sol ukrainien et toute tentative d’« expropriation de territoires russes ».
Pour Moscou, ces scénarios constitueraient une menace directe contre sa sécurité nationale. « La diplomatie russe comprend parfaitement les enjeux », a ajouté Sergueï Lavrov, soulignant que la priorité demeure la protection des frontières occidentales de la Russie.
Au Kremlin, certains estiment que l’affrontement est déjà engagé
Au sein des cercles stratégiques russes, certains analystes vont plus loin. Sergueï Karaganov, politologue influent et directeur du Conseil de politique étrangère et de défense, estime que le conflit avec l’Europe est déjà une réalité, même s’il ne se traduit pas encore par une guerre conventionnelle totale.
S’exprimant le 5 décembre sur la chaîne russe Pervy Kanal, il a affirmé que « la guerre avec l’Europe a déjà commencé », évoquant un affrontement politique, idéologique et stratégique. Selon lui, ce conflit ne prendra fin qu’avec une défaite morale et politique de l’Europe, accusée d’avoir abandonné toute autonomie stratégique au profit d’une logique de confrontation.
L’Ukraine, cœur du bras de fer avec l’Occident
Sur le terrain ukrainien, Vladimir Putin a réaffirmé que la Russie n’abandonnerait pas ses revendications territoriales. Le président russe a prévenu que si l’Occident et Kiev renonçaient aux négociations de paix, Moscou poursuivrait ses objectifs par la force.
Pour les autorités russes, cette position relève avant tout d’une logique de sécurité et de défense, face à un élargissement continu de l’influence occidentale à leurs frontières. La Russie affirme ainsi agir non par volonté d’expansion gratuite, mais pour préserver son intégrité stratégique dans un contexte international de plus en plus hostile.