France : LFI accusée de « proximités » avec des islamistes, selon une commission d’enquête

Le rapport de la commission d’enquête parlementaire sur les liens entre les mouvements politiques et les réseaux islamistes, publié ce mercredi 17 décembre, met en cause La France insoumise (LFI) pour des « proximités » avec des personnes promouvant l’idéologie islamiste. La commission reconnaît toutefois qu’il n’existe pas, à ce stade, de « liens structurés démontrables » entre le mouvement et des organisations islamistes.

Créée à l’initiative de la droite, et plus précisément du groupe Les Républicains (LR) conduit par Laurent Wauquiez, cette commission était présidée par le député LR Xavier Breton. Son rapporteur était le député ciottiste Matthieu Bloch. Le document souligne que, si aucun parti politique ne peut être formellement relié à des réseaux islamistes organisés, « il existe bien des connivences et des proximités affichées entre certains élus, principalement du mouvement La France insoumise, et des individus promouvant cette idéologie ».

Des accusations de complaisance et d’entrisme

La commission accuse plusieurs élus LFI de « complaisance, voire de soutien actif » envers des personnes proches de mouvements islamistes. Elle estime également que LFI constituerait « une cible privilégiée pour les stratégies d’entrisme mises en œuvre par des individus promouvant l’idéologie islamiste », c’est-à-dire des tentatives d’influence ou d’infiltration idéologique au sein du champ politique.

Jean-Luc Mélenchon, leader de LFI et figure centrale des travaux de la commission, a été auditionné début décembre. À cette occasion, il avait affirmé que son mouvement avait déjà été « innocenté » par les conclusions intermédiaires de la commission et assuré que LFI « n’acceptera jamais l’entrisme religieux ».

Une commission contestée par la gauche

La mise en place et le fonctionnement de la commission ont suscité de vives critiques, notamment à gauche. L’un des principaux points de contestation concerne l’absence totale d’élus de gauche au sein du bureau de la commission, un élément jugé problématique par ses détracteurs, qui y voient un manque d’équilibre politique.

Au total, la commission a auditionné une trentaine de personnes, parmi lesquelles des universitaires, des sondeurs, le directeur du renseignement de la préfecture de police de Paris, ainsi que le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. Outre Jean-Luc Mélenchon, la seule autre cheffe de parti auditionnée a été la secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier.

La riposte politique de LFI

Avant même la publication officielle du rapport, LFI avait dénoncé, dans un communiqué diffusé mardi, une « commission d’inquisition politique » visant explicitement son mouvement. La formation insoumise affirme que les auditions des services de renseignement ont au contraire « démontré l’absence totale de lien entre La France insoumise et des organisations terroristes, a fortiori de fanatiques religieux ».

LFI s’est également félicitée de l’impact médiatique de l’audition de Jean-Luc Mélenchon. Selon le mouvement, la diffusion télévisée et les rediffusions sur les réseaux sociaux auraient cumulé plus de 30 millions de vues. Un succès de visibilité que LFI a ironiquement qualifié de « l’un des meilleurs meetings que nous ait offert Laurent Wauquiez ».

Si le rapport de la commission d’enquête ne conclut pas à l’existence de liens organisés entre LFI et des réseaux islamistes, il relance néanmoins le débat politique sur les frontières entre engagement militant, alliances électorales et risques d’entrisme idéologique au sein de la vie politique française.

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