Leo Brent Bozell nommé ambassadeur américain en Afrique du Sud dans un contexte de crise diplomatique

En ce début d’année, les relations diplomatiques entre les États-Unis et l’Afrique du Sud apparaissent particulièrement fragiles. La nomination de Leo Brent Bozell comme ambassadeur à Pretoria, confirmée par le Sénat américain le 19 décembre, suscite déjà de fortes critiques au sein des milieux politiques et universitaires sud-africains.

Désigné par le président Donald Trump dès mars 2025, Brent Bozell est une figure emblématique de la droite conservatrice américaine et un fervent soutien d’Israël. Son passé politique est particulièrement controversé : dans les années 1980, il faisait partie d’un groupe de pression hostile à toute négociation avec l’ANC, alors mouvement de libération dirigé par Nelson Mandela et qualifié à l’époque d’organisation terroriste par certains gouvernements occidentaux.

Sa confirmation a nécessité plusieurs étapes législatives, incluant une audition devant la commission des relations étrangères du Sénat en octobre, avant d’obtenir le vote final le 31 janvier. Elle intervient dans un contexte déjà marqué par une vacance prolongée du poste d’ambassadeur sud-africain à Washington, depuis le rappel d’Ebrahim Rasool en mars 2025. Rasool avait alors critiqué la politique américaine, qualifiant celle-ci de « suprématie blanche », ce qui avait fortement tendu les relations bilatérales.

La nomination de Brent Bozell s’inscrit dans un contexte de forte tension : depuis février 2025, Donald Trump a suspendu les aides à l’Afrique du Sud, dénonçant la loi sur l’expropriation de terres, qu’il juge discriminatoire envers la minorité blanche. La plainte sud-africaine contre Israël pour génocide à Gaza, déposée devant la Cour internationale de Justice, figure également parmi les sujets de discorde. Brent Bozell a déjà indiqué qu’il comptait exercer des pressions sur les autorités sud-africaines pour qu’elles retirent cette plainte.

Le choix de ce diplomate, « novice en termes de relations internationales » et qui « ne connaît pas le continent africain », selon des spécialistes, est perçu avec méfiance à Pretoria. Son principal atout semble être sa proximité idéologique avec le président américain plutôt que son expérience diplomatique ou sa connaissance du continent. Cette nomination marque donc un nouveau coup de boutoir dans des relations déjà fragilisées, amplifiant les tensions entre Washington et Pretoria, alors que l’Afrique du Sud reste écartée des sommets du G20 et que les échanges bilatéraux sont au point mort.

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