Scandale au sein du 26e régiment de parachutistes allemand : extreme droite,sexisme et rituels violents révélés

Le gouvernement allemand a condamné lundi 29 décembre des comportements « inacceptables » au sein du 26e régiment de parachutistes (Fallschirmjägerregiment), basé à Zweibrücken, près de la frontière française. Cette unité prestigieuse de 1 800 membres traverse une grave crise : au moins 60 soldats ont été exclus ou sanctionnés en décembre pour des « incidents d’extrême droite » et des rituels violents. Le commandement de la caserne avait déjà été changé en urgence en octobre.

Depuis la fin du régime nazi, l’Allemagne interdit l’utilisation de « symboles d’organisations anticonstitutionnelles », terme officiel désignant les mouvances néonazies. Mais certains membres du régiment reproduisaient ces pratiques, notamment lors de fêtes comme Noël, en chantant un couplet de l’hymne national aujourd’hui proscrit car associé au nazisme.

Ce qui a réellement choqué, c’est la violence systématique et le sexisme au sein du régiment. Les cérémonies de remise d’insignes étaient accompagnées de bizutages extrêmes : chaque participant devait frapper sur l’insigne du récipiendaire sous prétexte de promouvoir le « sang sauvage », un rituel laissant souvent des blessures et excluant socialement ceux qui refusaient de frapper suffisamment fort.

Les femmes, qui représentent 5 % du régiment, ont été les principales victimes de ces pratiques. Propos sexistes, menaces de viol et harcèlement ont conduit plusieurs d’entre elles à déposer plainte. Au début, la hiérarchie a réagi en muter certaines soldates tout en maintenant les hommes accusés dans la compagnie. Mais en juin, le ministère de la Défense a finalement traité les plaintes, et l’affaire est désormais médiatisée grâce à une enquête du quotidien FAZ.

La gauche du Bundestag exige aujourd’hui des comptes sur cette affaire, qui révèle des problèmes persistants de sexisme et d’extrême droite dans certaines unités de l’armée allemande.

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