Au lendemain de l’opération spectaculaire des forces américaines ayant conduit à l’arrestation du président vénézuélien Nicolás Maduro, le Venezuela fait face à une crise politique et institutionnelle majeure. Delcy Rodríguez, alors vice‑présidente, a été désignée présidente par intérim pour assurer la continuité de l’État dans une période particulièrement incertaine.
Nomination exceptionnelle et soutien militaire
Le 3 janvier 2026, la Cour suprême du Venezuela a ordonné à Delcy Rodríguez d’assumer les fonctions de présidente par intérim afin de combler le vide de pouvoir créé par la disparition de Maduro. Cette décision a été immédiatement confirmée par les forces armées vénézuéliennes, appelant la population à reprendre ses activités normales malgré les tensions toujours vives dans la capitale Caracas.
Selon la Constitution vénézuélienne, l’intérim peut durer jusqu’à 90 jours, mais la situation politique reste extrêmement volatile, avec des interrogations sur la durée et l’encadrement légal de cette période.
Un profil politique clé du chavisme
Âgée de 56 ans, Delcy Rodríguez est une figure historique du régime chaviste. Avocate de formation, elle a occupé de nombreux postes clés dans le gouvernement de Nicolás Maduro, notamment :
• Vice‑présidente du Venezuela depuis 2018
• Ministre du Pétrole et des Hydrocarbures
• Ministre de l’Économie et des Finances
• Ministre des Affaires étrangères
• Présidente de l’Assemblée nationale constituante
Fille d’un dirigeant communiste influent et sœur de Jorge Rodríguez, président de l’Assemblée nationale, elle est souvent décrite comme une proche alliée de Maduro et surnommée « la tigresse » pour son influence politique.
Elle est également visée par des sanctions internationales, notamment de l’Union européenne, qui ont gelé ses avoirs et interdit son entrée sur leur territoire en raison de son rôle dans la crise politique vénézuélienne et les élections jugées contestées.
Premières réactions et diplomatie délicate
Dans les heures qui ont suivi sa prise de fonction, Delcy Rodríguez a d’abord condamné l’opération américaine comme une « violence contraire au droit international » et réaffirmé que Nicolás Maduro reste le seul président légitime du pays. Elle a exigé la libération immédiate de Maduro et de son épouse, Cilia Flores, détenus aux États‑Unis, où ils doivent comparaître devant une cour fédérale à Manhattan pour des accusations de narcoterrorisme.
Sous la pression internationale, Rodríguez a récemment adouci son ton et appelé à une cooperation « respectueuse » avec les États‑Unis, soulignant l’importance d’un dialogue même dans un contexte tendu et en proposant une coopération sur une « agenda de développement partagé ».
Tensions internationales et pressions américaines
La situation est également marquée par des pressions de la part des États‑Unis. Le président Donald Trump a adressé un avertissement sévère à Delcy Rodríguez, indiquant qu’elle pourrait « payer un prix encore plus élevé que Maduro » si elle ne coopère pas pleinement avec Washington et ses objectifs concernant le Venezuela.
Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a tenu à préciser que, malgré l’intervention militaire, les États‑Unis ne gouverneront pas le Venezuela au jour le jour, mais qu’ils utiliseront leur influence sur le pays, notamment à travers ses vastes ressources pétrolières, pour pousser à des réformes et un changement politique.
Un avenir politique incertain
La nomination de Delcy Rodríguez survient dans un climat de fortes tensions internes et externes, avec des critiques internationales sur la légalité de l’intervention américaine et un débat intense autour de la légitimité du gouvernement intérimaire. Les relations avec Washington, l’attitude des forces armées vénézuéliennes, et les pressions diplomatiques et économiques resteront des facteurs clés dans les jours à venir.
L’incertitude demeure également sur la façon dont sera organisée la transition politique au Venezuela, la conduite d’élections libres et l’évolution des relations entre Caracas et la communauté internationale.