Des responsables israéliens ont fait part ces derniers mois de leurs inquiétudes quant au risque que Téhéran reconstruise un arsenal balistique considérablement affaibli par la guerre.(Source : AFP).
Le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a affirmé lundi qu’il n’autoriserait pas l’Iran à reconstituer son programme balistique, dans un discours devant le Parlement israélien quelques jours après un message semblable du président américain Donald Trump. «Nous ne permettrons pas à l’Iran de rétablir son industrie de missiles balistiques», a déclaré le chef du gouvernement, de retour d’un voyage officiel aux États-Unis. «Si nous sommes attaqués, les conséquences seront très graves».
L’Iran et Israël, ennemis jurés depuis l’avènement de la République islamique en 1979, se sont affrontés en juin dans une guerre de 12 jours, déclenchée par une attaque d’une ampleur inédite d’Israël contre des sites militaires, nucléaires et des zones habitées iraniennes. Des responsables israéliens ont fait part ces derniers mois de leurs inquiétudes quant au risque que Téhéran reconstruise un arsenal balistique considérablement affaibli par la guerre. Position inchangée
«Notre position commune (avec Washington) sur l’Iran reste inchangée: zéro capacité d’enrichissement (nucléaire), retrait de (…) chaque gramme d’uranium enrichi hors d’Iran, et une surveillance stricte et continue des installations nucléaires», a par ailleurs répété Netanyahou devant la Knesset. Les pays occidentaux et Israël soupçonnent l’Iran de vouloir se doter de la bombe atomique et souhaitent trouver un nouveau traité encadrant et limitant son programme nucléaire.
Téhéran se défend vigoureusement d’avoir de telles ambitions et affirme développer le nucléaire pour des besoins civils, bien qu’ayant enrichi ces dernières années une quantité d’uranium très supérieure à celle correspondant à des fins civiles. Le chef du gouvernement israélien a aussi, de nouveau, évoqué les manifestations qui se déroulent en Iran depuis quelques jours.
«Aucune indulgence»
«Le soulèvement populaire, non seulement à Téhéran mais déjà ailleurs, vient à peine de commencer et s’est déjà considérablement amplifié», a-t-il affirmé. «Nous, en Israël, nous tenons aux côtés de la lutte du peuple iranien, de son aspiration à la liberté et à la justice. Il est très possible que nous soyons à un moment décisif, un moment où le peuple iranien prend son destin en main».
Lundi matin, Téhéran a répondu avec véhémence aux commentaires du Premier ministre israélien, émis la première fois dimanche. «Le régime sioniste est déterminé à exploiter la moindre occasion pour semer la division et saper notre unité nationale, et nous devons rester vigilants», a protesté le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï lors d’une conférence de presse hebdomadaire.
La justice iranienne a affirmé qu’elle ne ferait preuve d’«aucune indulgence» envers «les émeutiers», au neuvième jour d’un mouvement de contestation dans lequel au moins 12 personnes ont été tuées lors d’affrontements localisés, dont des membres des forces de sécurité, selon un bilan de l’AFP basé sur des annonces officielles et des médias.