Libye : le Pakistan veut étendre sa présence économique aux côtés de la Russie et de la Turquie

Le Pakistan poursuit son offensive économique en Afrique et au Moyen-Orient, avec une attention particulière portée à la Libye. Après avoir intégré le marché libyen de l’armement en décembre dernier, Islamabad ambitionne désormais de s’imposer dans le secteur stratégique de l’énergie, en partenariat avec la Russie et la Turquie, deux acteurs majeurs du paysage libyen.

Des négociations énergétiques en cours
Selon des informations révélées par la presse pakistanaise, notamment le quotidien Express Tribune, le Pakistan serait engagé dans des négociations avancées avec Moscou et Ankara en vue de projets d’exploration terrestre et offshore de pétrole et de gaz en Libye. Ces discussions viseraient à associer la société nationale pakistanaise d’exploration et de production pétrolière à Gazprom, le géant énergétique russe, ainsi qu’à la compagnie publique turque TPAO (Turkish Petroleum).

La Libye, dotée de vastes réserves d’hydrocarbures, représente un enjeu stratégique majeur pour Islamabad. L’objectif affiché est de sécuriser des approvisionnements énergétiques à l’étranger afin de réduire la dépendance du pays aux importations de combustibles fossiles, qui pèsent lourdement sur ses finances.

Une stratégie de diversification des approvisionnements
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification des sources d’énergie du Pakistan. En acquérant des parts dans des champs pétroliers et gaziers étrangers, Islamabad espère limiter l’impact des fluctuations des marchés internationaux et renforcer sa sécurité énergétique à long terme.

La coopération avec la Russie et la Turquie apparaît comme un choix pragmatique, ces deux pays exerçant une influence déterminante en Libye, tant sur le plan politique que militaire, notamment à Tripoli et dans l’ouest du pays.

Un prolongement d’un accord militaire majeur
L’intérêt économique du Pakistan pour la Libye fait suite à un accord militaire d’envergure signé en décembre dernier avec le commandement général de l’Armée nationale libyenne, dirigée par le maréchal Khalifa Haftar. Cet accord, estimé à 4,6 milliards de dollars, est présenté comme le plus important jamais conclu par le Pakistan dans le domaine de l’exportation d’armements.

Fort de cet engagement, Islamabad cherche à consolider sa présence dans le pays nord-africain, en combinant coopération militaire et investissements économiques.

Une industrie de défense en expansion
Dopé par l’issue favorable de la guerre de quatre jours qui l’a opposé à l’Inde en mai dernier, le Pakistan mise sur l’essor de son industrie de défense pour accroître ses exportations. Celle-ci couvre un large spectre, allant de la production et de la maintenance d’avions militaires à la fabrication de véhicules blindés, de munitions et de navires de guerre.

Le chef d’état-major de l’armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, entend capitaliser sur cette dynamique pour renforcer l’influence du Pakistan en Afrique et au Moyen-Orient. Après une visite en Libye en décembre, il s’est également rendu en Arabie saoudite, illustrant l’élargissement du champ diplomatique et stratégique d’Islamabad.

Une ambition régionale affirmée
Considéré comme un interlocuteur privilégié par le président américain Donald Trump, Asim Munir incarne cette volonté de projection internationale du Pakistan. Entre accords militaires, partenariats énergétiques et diplomatie active, Islamabad semble déterminé à se positionner comme un acteur émergent dans les équilibres géopolitiques de la Méditerranée et du Moyen-Orient, avec la Libye comme point d’ancrage central.

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