Le Royaume-Uni renforce sa politique de contrôle migratoire. À partir de ce lundi 5 janvier, les migrants clandestins arrivant sur le sol britannique après avoir traversé la Manche pourront se voir confisquer leur téléphone portable, sans que les forces de l’ordre n’aient besoin de procéder à une arrestation. Cette nouvelle mesure s’inscrit dans une stratégie plus large visant à lutter contre les réseaux criminels de passeurs, impliqués notamment dans le trafic de migrants et le narcotrafic.
Une fouille numérique pour démanteler les réseaux de passeurs
Selon le Daily Mail, les autorités britanniques disposeront désormais de pouvoirs élargis pour inspecter les appareils électroniques des migrants interceptés. Dans le comté du Kent, au sud-est de l’Angleterre, les agents du centre de Manston, structure dédiée au traitement des migrants ayant traversé la Manche, utiliseront une technologie spécifique permettant d’accéder aux données contenues dans les téléphones portables.
L’objectif affiché est de recueillir des renseignements sur les itinéraires, les contacts et les modes opératoires des réseaux de passeurs, afin de mieux identifier et neutraliser les organisations criminelles actives entre l’Europe continentale et le Royaume-Uni.
Des sanctions pénales nettement renforcées
Cette mesure s’accompagne d’un durcissement des peines contre les acteurs du trafic de migrants. Le stockage ou la vente de moteurs de bateaux destinés à transporter clandestinement des migrants vers le Royaume-Uni sera désormais puni de peines pouvant aller jusqu’à 14 ans de prison.
Les contrebandiers fournissant des informations logistiques — notamment sur les points de départ, les zones d’arrivée ou les lieux d’approvisionnement en matériel nautique — encourront quant à eux jusqu’à cinq ans d’emprisonnement.
Alex Norris, ministre britannique de la Sécurité des frontières, a justifié ces mesures en affirmant :
« Nous mettons en œuvre de nouvelles lois rigoureuses pour intercepter, perturber et démanteler ces bandes criminelles plus rapidement que jamais et couper leurs chaînes d’approvisionnement. »
« Rétablir l’ordre et le contrôle aux frontières »
Pour le gouvernement britannique, cette politique vise à répondre à ce que les autorités décrivent comme un commerce mortel, alimenté par des réseaux criminels organisés.
« Nous avons promis de rétablir l’ordre et le contrôle à nos frontières, ce qui implique de s’attaquer aux réseaux de passeurs responsables de ce trafic », a résumé le ministre de la Sécurité des frontières.
Ces annonces interviennent quelques semaines après l’adoption d’une nouvelle loi sur la sécurité des frontières, l’asile et l’immigration, destinée à resserrer les conditions d’accueil et de protection des migrants.
Une pression migratoire toujours élevée
Le 18 novembre, la Chambre des Lords avait renvoyé ce projet de loi à la Chambre des communes. Le texte prévoit notamment que la protection accordée aux réfugiés soit désormais limitée à 30 mois, contre cinq ans auparavant.
En toile de fond, le Royaume-Uni fait face à une pression migratoire persistante. En 2025, 41 472 migrants irréguliers ont été recensés sur le territoire britannique. Il s’agit du deuxième chiffre le plus élevé de l’histoire du pays, en hausse de 13 % par rapport à 2024, renforçant la détermination du gouvernement à durcir sa réponse sécuritaire.