Alors que les relations entre l’Union européenne et les États-Unis se tendent depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, Bruxelles prépare en coulisses une riposte ferme sur le terrain du numérique. Derrière une communication mesurée, l’UE entend défendre ses règles face aux pressions américaines, notamment en matière de régulation des géants de la tech.
Un climat de tensions croissantes avec Washington
Depuis janvier 2025, Donald Trump critique ouvertement les réglementations européennes visant les grandes plateformes numériques, estimant qu’elles ciblent injustement les entreprises américaines. Le président américain a plusieurs fois menacé de mesures de rétorsion économiques, allant de sanctions commerciales à des pressions diplomatiques directes contre Bruxelles.
Ces tensions s’inscrivent dans un contexte plus large de rivalités commerciales et technologiques, où le numérique est devenu un levier stratégique majeur.
Les lois européennes au cœur du conflit
Au centre du désaccord figurent plusieurs textes clés adoptés par l’Union européenne :
• Le Digital Markets Act (DMA), destiné à limiter les abus de position dominante des grandes plateformes.
• Le Digital Services Act (DSA), qui renforce les obligations de modération des contenus et de transparence.
• L’AI Act, futur cadre réglementaire sur l’intelligence artificielle.
Ces réglementations touchent directement des entreprises comme Google, Meta, Apple, Amazon ou X, toutes basées aux États-Unis.
Une contre-attaque européenne préparée en toute discrétion
Face aux menaces américaines, Bruxelles évite l’escalade verbale mais durcit sa stratégie. Selon plusieurs sources européennes, la Commission se prépare à :
• Appliquer strictement et sans concession les règles du DMA et du DSA.
• Accélérer les enquêtes en cours contre certaines plateformes.
• Imposer des amendes significatives en cas de non-conformité, malgré le risque de représailles américaines.
L’objectif est clair : montrer que l’Union européenne ne cédera pas sous la pression politique, même face à son principal partenaire économique.
L’outil de rétorsion économique en réserve
Bruxelles garde également en main un instrument plus offensif : le mécanisme anti-coercition, conçu pour répondre aux pressions économiques étrangères. Cet outil pourrait être activé si Washington mettait ses menaces à exécution, notamment via des droits de douane ou des sanctions ciblées.
Un enjeu de souveraineté numérique
Au-delà du bras de fer politique, cette confrontation reflète un enjeu central pour l’UE : la souveraineté numérique. Les institutions européennes souhaitent réduire leur dépendance aux technologies étrangères et affirmer leur capacité à fixer leurs propres règles dans l’espace numérique mondial.
Pour Bruxelles, reculer face aux États-Unis créerait un précédent dangereux, affaiblissant durablement sa crédibilité réglementaire.
Conclusion
La contre-attaque européenne ne prend pas la forme d’un affrontement spectaculaire, mais d’une application rigoureuse du droit et d’une préparation méthodique à toute escalade. En défendant ses règles numériques face à Donald Trump, l’Union européenne joue une partie décisive pour son autonomie stratégique et l’équilibre des relations transatlantiques en 2026.