L’administration du président américain Donald Trump a conclu un accord avec la Dominique, petit État insulaire des Caraïbes, afin d’y transférer certains demandeurs d’asile arrivés aux États-Unis. Révélé début janvier 2026, cet accord s’inscrit dans la stratégie plus large de Washington visant à externaliser le traitement des demandes d’asile et à réduire la pression migratoire sur le territoire américain .
Selon les autorités américaines, les personnes concernées seraient des migrants ayant sollicité l’asile aux États-Unis mais qui pourraient voir leur dossier examiné depuis un pays tiers, en l’occurrence la Dominique.
Objectifs de Washington
Pour l’administration Trump, cet accord répond à plusieurs objectifs :
• Désengorger le système d’asile américain, jugé saturé par la hausse des arrivées de migrants ;
• Renforcer le contrôle migratoire, en dissuadant les demandes d’asile considérées comme abusives ;
• Multiplier les accords avec des pays tiers, une approche déjà utilisée par Washington par le passé dans sa politique migratoire.
Les autorités américaines ont précisé que les personnes représentant un risque pour la sécurité ne seraient pas concernées par ces transferts .
La position de la Dominique
Du côté de la Dominique, le Premier ministre Roosevelt Skerrit a présenté cet accord comme un élément important de la coopération bilatérale avec les États-Unis. Il intervient dans un contexte de tensions diplomatiques, après l’imposition par Washington de restrictions de visas à l’encontre de certains responsables dominicais.
Toutefois, les autorités de l’île n’ont pas communiqué de détails précis sur :
• le nombre de demandeurs d’asile susceptibles d’être accueillis ;
• les conditions matérielles de leur prise en charge ;
• la durée de leur séjour sur le territoire dominicain.
Ces zones d’ombre suscitent des interrogations tant au niveau local qu’international .
Réactions et interrogations
L’accord a déjà provoqué des réactions critiques, notamment de la part d’organisations de défense des droits humains. Celles-ci s’inquiètent de la capacité d’un petit État insulaire à accueillir des demandeurs d’asile dans des conditions conformes aux normes internationales, et redoutent une remise en cause du droit d’asile.
Plus largement, cet arrangement relance le débat sur la légalité et l’éthique des politiques d’externalisation de l’asile, qui consistent à transférer des migrants vers des pays tiers pour y traiter leurs demandes.
Un précédent aux implications régionales
L’accord entre Washington et la Dominique pourrait servir de précédent pour d’autres partenariats similaires avec des pays de la région caraïbe ou d’ailleurs. Il illustre la volonté des États-Unis de redéfinir leur politique migratoire par des solutions bilatérales, tout en déléguant une partie de la gestion de l’asile à des États partenaires.
Reste à savoir comment cet accord sera mis en œuvre concrètement et quelles en seront les conséquences humaines, juridiques et politiques dans les mois à venir.