L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a officiellement confirmé que l’Italie a dépassé le Japon pour devenir le quatrième exportateur mondial. Une performance significative pour la péninsule, qui témoigne de la solidité de son tissu industriel, même si l’écart avec les trois premières puissances exportatrices demeure considérable.
Un dépassement historique du Japon
D’après les données certifiées par l’OCDE, l’Italie s’impose désormais comme le quatrième exportateur mondial de biens, devant le Japon. Ce changement marque une étape importante pour l’économie italienne, longtemps perçue comme fragilisée par une croissance faible et une dette publique élevée.
Ce dépassement s’explique à la fois par la progression régulière des exportations italiennes et par le ralentissement relatif du commerce extérieur japonais, confronté à des difficultés structurelles et démographiques.
Les piliers du succès italien
La performance italienne repose sur un modèle industriel atypique, largement fondé sur un réseau dense de petites et moyennes entreprises, très spécialisées et fortement tournées vers l’international. Les secteurs clés incluent :
• les machines industrielles et les équipements de précision ;
• le luxe, la mode et le design ;
• l’agroalimentaire ;
• la pharmacie et la chimie.
Le label du « Made in Italy », associé à la qualité, au savoir-faire et à l’innovation, continue de séduire de nombreux marchés, en Europe, en Amérique du Nord et en Asie.
Un podium toujours hors de portée
Malgré cette avancée, l’Italie reste nettement distancée par les trois premiers exportateurs mondiaux :
• la Chine, largement en tête grâce à son poids industriel et à ses chaînes de production mondialisées ;
• les États-Unis, portés par une économie très diversifiée ;
• l’Allemagne, dont le modèle reste fortement axé sur l’exportation industrielle.
L’écart en valeur d’exportations entre l’Italie et ces pays demeure important, soulignant les limites structurelles de l’économie italienne en termes de capacité de production et de taille des entreprises.
Une réussite économique à double lecture
Ce nouveau classement constitue un signal positif pour l’Italie, qui confirme sa capacité à rester compétitive dans un environnement économique mondial marqué par les tensions commerciales, la fragmentation des chaînes de valeur et la concurrence accrue.
Mais il met également en lumière les défis à venir : montée en gamme industrielle, innovation technologique, transition énergétique et renforcement de la productivité. Autant de chantiers nécessaires pour consolider cette position et espérer réduire l’écart avec les leaders mondiaux.
Un enjeu pour l’Europe
Au-delà du cas italien, cette évolution souligne le rôle central de certains pays européens dans le commerce mondial. Elle pose aussi la question de la capacité de l’Union européenne à maintenir sa compétitivité face aux grandes puissances économiques, dans un contexte de recomposition des échanges internationaux.