L’armée israélienne a annoncé l’autorisation d’une mesure de surveillance électronique en Cisjordanie occupée, visant notamment des colons israéliens impliqués dans des actes de violence, selon plusieurs médias israéliens et internationaux. Cette décision marque une évolution notable dans les outils sécuritaires utilisés par Israël dans les territoires occupés.
Une mesure de contrôle par bracelets électroniques
Concrètement, la mesure prévoit l’usage de bracelets électroniques destinés à contrôler le respect des ordres administratifs de restriction de mouvement imposés à certaines personnes. Ces dispositifs permettront aux autorités de suivre à distance les déplacements des individus concernés et de vérifier qu’ils ne pénètrent pas dans des zones interdites.
Selon les informations disponibles, cette technologie sera utilisée comme alternative ou complément à la détention administrative, afin de limiter la liberté de mouvement sans incarcération systématique.
Un contexte de violences accrues en Cisjordanie
Cette décision intervient dans un climat de forte augmentation des violences en Cisjordanie, notamment d’attaques menées par des colons extrémistes contre des civils palestiniens, leurs habitations et leurs terres. Plusieurs incidents récents ont mis en lumière les difficultés des autorités israéliennes à contenir ces violences, malgré des condamnations officielles.
D’après les médias, la mesure aurait été adoptée à la demande du Shin Bet, le service de sécurité intérieure israélien, soucieux de disposer d’outils plus efficaces pour surveiller les individus considérés comme une menace pour la stabilité locale.
Une application officiellement élargie
L’armée israélienne affirme que la surveillance électronique ne s’appliquera pas exclusivement aux colons, mais à toute personne – israélienne ou palestinienne – faisant l’objet d’un ordre de restriction de mouvement en Cisjordanie.
Toutefois, dans le contexte actuel, plusieurs observateurs soulignent que les colons violents constituent la cible principale de cette mesure, en raison de la pression internationale croissante et des critiques internes sur l’impunité dont ils bénéficieraient.
Vives critiques et inquiétudes juridiques
La décision a provoqué de fortes réactions dans les milieux politiques et juridiques israéliens. Une organisation d’aide juridique liée aux colons a dénoncé une mesure qualifiée d’« antidémocratique », estimant qu’elle rappelle les pratiques de régimes autoritaires.
À l’inverse, des ONG de défense des droits humains s’inquiètent du risque d’extension de cette technologie de surveillance à grande échelle, notamment contre la population palestinienne, dans un cadre juridique déjà largement critiqué par la communauté internationale.
Une nouvelle étape sécuritaire controversée
L’introduction de bracelets électroniques en Cisjordanie illustre la complexité croissante de la gestion sécuritaire israélienne dans les territoires occupés. Présentée comme un outil de prévention des violences, la mesure soulève toutefois des interrogations majeures sur le respect des libertés individuelles, l’égalité de traitement et l’avenir du cadre sécuritaire dans la région.