Tensions à la frontière cambodgienne : Phnom Penh accuse la Thaïlande d’« annexion » d’un village disputé

Le Cambodge a accusé la Thaïlande d’avoir annexé un village frontalier situé dans une zone contestée, malgré un cessez-le-feu conclu fin décembre 2025. Cette nouvelle escalade verbale ravive un différend territorial ancien et met en lumière la fragilité de la trêve entre les deux pays.

Une accusation d’« annexion illégale »

Début janvier 2026, les autorités cambodgiennes ont affirmé que des forces thaïlandaises avaient pris le contrôle du village frontalier de Chouk Chey, situé dans une zone dont la souveraineté est revendiquée par Phnom Penh. Selon le gouvernement cambodgien, l’armée thaïlandaise aurait installé des barbelés, des conteneurs et hissé le drapeau thaïlandais, des actes qualifiés d’« annexion illégale » du territoire cambodgien.

Phnom Penh accuse également les forces thaïlandaises d’avoir endommagé des infrastructures civiles, provoquant le déplacement de plusieurs habitants de la zone. Les autorités cambodgiennes ont officiellement demandé le retrait immédiat des troupes thaïlandaises des secteurs considérés comme relevant de leur souveraineté.

La réponse de Bangkok

La Thaïlande rejette catégoriquement ces accusations. L’armée thaïlandaise affirme opérer sur son propre territoire, soutenant que les zones concernées lui appartiennent historiquement. Bangkok estime que les forces cambodgiennes avaient auparavant occupé ces secteurs de manière illégitime et présente ses actions comme des mesures de sécurisation de la frontière.

Les autorités thaïlandaises nient toute annexion et insistent sur le fait que leurs opérations s’inscrivent dans un cadre défensif, visant à prévenir de nouvelles incursions.

Un conflit frontalier ancien

Les tensions actuelles s’inscrivent dans un conflit frontalier de longue date entre le Cambodge et la Thaïlande. La frontière commune, héritée en partie de la période coloniale, comporte plusieurs segments dont la délimitation reste floue ou contestée. Ces différends ont régulièrement donné lieu à des incidents diplomatiques et militaires au cours des dernières décennies.

En décembre 2025, des affrontements armés avaient éclaté le long de la frontière, causant des pertes humaines et entraînant le déplacement de centaines de milliers de civils. Un cessez-le-feu avait été conclu le 27 décembre, sous pression régionale, afin d’éviter une escalade majeure.

Une trêve fragile

Malgré cet accord, la situation demeure extrêmement tendue. Des incidents sporadiques ont continué d’être signalés après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, témoignant de la fragilité de la trêve et du risque permanent de reprise des hostilités.

Les accusations d’annexion formulées par Phnom Penh constituent l’un des épisodes les plus sérieux depuis la signature de l’accord, alimentant la méfiance entre les deux capitales.

Conséquences humanitaires

Sur le terrain, les populations civiles paient le prix de cette instabilité. Dans plusieurs villages frontaliers, des habitants ont fui par crainte de nouveaux affrontements ou à la suite de la présence militaire accrue. Des habitations auraient été endommagées, aggravant une situation humanitaire déjà précaire après les combats de fin 2025.

Un risque régional sous surveillance

La communauté internationale observe avec attention l’évolution de la situation. Une dégradation durable des relations entre le Cambodge et la Thaïlande pourrait avoir des répercussions régionales, notamment au sein de l’ASEAN, dont les deux pays sont membres.

À ce stade, aucune médiation formelle n’a été annoncée, mais les appels à la retenue et au respect du cessez-le-feu se multiplient, dans l’espoir d’éviter une nouvelle flambée de violence le long de cette frontière sensible.

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