Le député La France insoumise (LFI) des Bouches-du-Rhône, Sébastien Delogu, a été renvoyé devant le tribunal correctionnel de Marseille, selon une décision du parquet rendue publique début janvier 2026. L’élu devra comparaître le 9 juin 2026, dans une affaire mêlant conflit social, diffusion de documents personnels et soupçons d’atteinte à la vie privée.
Une affaire liée à un conflit social à Marseille
Les faits reprochés à Sébastien Delogu remontent à l’automne 2024, dans le cadre d’un conflit social au sein de l’entreprise Laser Propreté, société marseillaise placée en liquidation judiciaire. Lors d’une mobilisation syndicale, une pochette contenant des documents personnels et confidentiels appartenant à Isidore Aragones, dirigeant éphémère de l’entreprise, aurait été dérobée.
Quelques jours plus tard, le député LFI a publié sur son compte Instagram, suivi par près de 95 000 abonnés, plusieurs extraits de ces documents. Il avait alors affirmé qu’ils lui avaient été transmis par des « personnes bienveillantes ».
Des documents jugés sensibles et privés
Les pièces diffusées comprenaient notamment :
• des échanges privés par courriel,
• un e-mail adressé à un haut responsable de l’armée israélienne,
• des informations relatives à des déplacements à l’étranger,
• ainsi que d’autres données à caractère personnel.
La diffusion de ces éléments a conduit la personne concernée à déposer plainte, estimant que leur publication portait atteinte à sa vie privée et à la confidentialité de ses correspondances.
Trois chefs d’accusation retenus
À l’issue de l’enquête préliminaire ouverte fin octobre 2024, le parquet de Marseille a retenu trois qualifications pénales à l’encontre du député :
• recel de biens provenant d’un vol,
• divulgation d’informations personnelles exposant une personne à un risque direct,
• atteinte au secret des correspondances.
En mai 2025, les enquêteurs ont perquisitionné le domicile et la permanence parlementaire de Sébastien Delogu. Des photographies des documents litigieux auraient été retrouvées sur son téléphone.
La défense du député
Sébastien Delogu conteste les infractions qui lui sont reprochées. Il affirme avoir agi dans un objectif d’alerte, déclarant avoir voulu « contraindre la justice à se saisir de son signalement », estimant que les documents révélaient de possibles dysfonctionnements ou abus liés à la gestion de l’entreprise concernée.
Aucune reconnaissance de culpabilité n’a été formulée à ce stade, et le député bénéficie de la présomption d’innocence.
Un contexte politique sensible
Ce renvoi en correctionnelle intervient dans un contexte politique délicat, alors que Sébastien Delogu est candidat aux élections municipales de 2026 à Marseille. L’affaire pourrait peser sur sa campagne, même si aucune conséquence politique ou institutionnelle immédiate n’a été annoncée.
Le jugement du tribunal correctionnel, attendu en juin 2026, sera déterminant tant sur le plan judiciaire que politique.