Manifestations en Iran : Khamenei promet que la République islamique « ne reculera pas »

Depuis la fin du mois de décembre 2025, l’Iran est secoué par une vague de manifestations d’ampleur nationale, considérée comme l’une des plus importantes de ces dernières années. Initialement déclenchée par une grave crise économique, marquée par l’effondrement du rial, l’inflation et la hausse du coût de la vie, la contestation a rapidement pris une dimension politique.

Les rassemblements ont touché de nombreuses villes du pays, dont Téhéran, Mashhad, Ispahan, Chiraz et Kermanshah. Les slogans scandés par les manifestants dépassent largement les revendications sociales et visent directement le système politique, avec des appels explicites contre la République islamique et son chef suprême.

La fermeté affichée d’Ali Khamenei

Face à cette mobilisation persistante, le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, est sorti de son silence le 9 janvier 2026. Dans un discours diffusé par les médias d’État, il a averti que la République islamique « ne reculera pas » face aux manifestations.

Il a qualifié les protestataires de « vandales » et de « saboteurs », les accusant d’agir sous l’influence de puissances étrangères hostiles à l’Iran. Selon lui, les troubles actuels ne relèvent pas d’une contestation populaire légitime mais d’une tentative de déstabilisation orchestrée depuis l’extérieur.

Khamenei a également dénoncé l’attitude des États-Unis, affirmant que certains manifestants cherchaient à « faire plaisir à Washington », dans un contexte de tensions persistantes entre Téhéran et l’administration américaine.

Une répression sécuritaire renforcée

La réaction des autorités iraniennes s’est traduite par une répression sévère. Les forces de sécurité ont été massivement déployées dans les rues, procédant à de nombreuses arrestations. Les autorités judiciaires ont averti qu’aucune indulgence ne serait accordée aux manifestants accusés de violences ou de dégradations.

Parallèlement, un blackout quasi total d’Internet a été imposé à l’échelle nationale. Cette mesure vise à entraver l’organisation des manifestations et la diffusion d’images vers l’étranger, mais elle complique également l’évaluation précise de la situation sur le terrain.

Selon des organisations de défense des droits humains et plusieurs médias internationaux, les affrontements auraient déjà fait plusieurs dizaines de morts, parmi les manifestants comme au sein des forces de l’ordre. Le bilan reste toutefois difficile à établir en raison des restrictions d’information.

Réactions internes et pressions internationales

À l’intérieur du pays, les autorités tentent de maintenir l’unité du régime en multipliant les discours de fermeté. À l’étranger, la situation suscite une vive inquiétude. Plusieurs pays occidentaux ont condamné la violence de la répression et appelé Téhéran à respecter le droit de manifester pacifiquement.

Des figures de l’opposition iranienne en exil, dont Reza Pahlavi, fils du dernier chah d’Iran, ont appelé les manifestants à poursuivre leur mobilisation, estimant que le régime traverse une phase de fragilité inédite.

Une crise aux causes profondes

Au-delà des événements immédiats, cette nouvelle vague de manifestations met en lumière une crise structurelle du système iranien. L’accumulation de difficultés économiques, les sanctions internationales, le chômage des jeunes et les restrictions des libertés politiques alimentent une frustration profonde au sein de la société.

Si le pouvoir affirme qu’il ne cédera pas, la persistance et l’extension de la contestation montrent que le régime est confronté à un défi majeur, dont l’issue pourrait avoir des conséquences durables pour la stabilité de l’Iran et de la région.

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