Donald Trump accentue la pression sur Cuba et évoque Marco Rubio comme possible dirigeant, La Chine appelle les États-Unis à lever le blocus et les sanctions contre Cuba

Cuba est redevenue un point chaud de la diplomatie internationale, confrontée à une double pression : le durcissement de la politique américaine sous Donald Trump et la défense diplomatique apportée par la Chine contre le blocus et les sanctions en vigueur depuis plusieurs décennies.

Donald Trump accentue la pression sur Cuba

Le président américain Donald Trump a intensifié dimanche 11 janvier 2026 ses attaques publiques contre le régime de La Havane, multipliant les déclarations menaçantes. Dans un message publié sur son réseau social Truth Social, il a exhorté les autorités cubaines à conclure un accord avec Washington, affirmant que le temps jouait contre elles. Il a menacé de couper toute aide financière et tout approvisionnement en pétrole à l’île, déclarant qu’il n’y aurait « plus d’argent, plus de pétrole » tant qu’aucune entente ne serait conclue.

Cette posture s’inscrit dans la ligne dure traditionnelle de Trump envers Cuba, accusée de maintenir un régime autoritaire et hostile aux intérêts américains. La Maison-Blanche n’a fourni aucun détail sur les mesures concrètes envisagées ni sur les conditions précises de l’accord.

Le gouvernement cubain a immédiatement rejeté ces menaces. Le président Miguel Díaz-Canel a précisé qu’aucune négociation politique n’était en cours avec les États-Unis, en dehors de contacts techniques limités, notamment sur les questions migratoires. Il a rappelé que Cuba reste un État souverain et indépendant, et qu’aucune pression extérieure ne dicte sa politique.

Marco Rubio cité comme futur dirigeant possible

Dans le même message, Donald Trump a évoqué le nom du sénateur et secrétaire d’État américain Marco Rubio, d’origine cubaine, suggérant qu’il pourrait à terme devenir président de Cuba. Trump a commenté favorablement cette hypothèse, bien qu’aucun projet officiel ou cadre juridique n’accompagne cette déclaration.

Cette allusion symbolique a provoqué des réactions vives, tant à Cuba que sur la scène internationale, en raison de ce qu’elle implique sur une ingérence potentielle dans les affaires intérieures cubaines.

Un contexte régional déjà tendu

La montée de la pression américaine s’inscrit dans un climat régional instable, marqué par les récentes opérations des États-Unis au Venezuela et par la volonté affichée de Washington de renforcer son influence en Amérique latine. La Havane, alliée historique de Caracas, considère ces actions comme une continuité de la politique américaine de confrontation menée depuis plusieurs décennies.

Les relations entre Washington et La Havane restent profondément dégradées, malgré de brèves tentatives de rapprochement par le passé. La ligne politique américaine actuelle repose sur la coercition et les sanctions, accentuant l’isolement de Cuba et les tensions diplomatiques régionales.

La Chine défend Cuba et critique les sanctions américaines

Face à cette escalade, la Chine a pris position en appelant les États-Unis à mettre fin au blocus et aux sanctions qui frappent Cuba. Une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a estimé que ces mesures nuisent au développement de l’île et à la stabilité régionale, tout en affectant directement la population cubaine.

La Chine a également défendu les missions médicales cubaines à l’étranger, récemment visées par des restrictions de visa américaines et accusées par Washington de relever du « travail forcé ». Selon Pékin, plus de 600 000 professionnels de santé cubains ont été déployés dans plus de 60 pays au cours des 60 dernières années, soignant plus de 230 millions de patients et réalisant plus de 17 millions d’opérations chirurgicales. Ces missions ont contribué à sauver des millions de vies, notamment en Amérique latine, dans les Caraïbes et en Afrique. La Chine considère la qualification américaine de « travail forcé » comme un prétexte politique pour justifier le durcissement des sanctions.

La diplomatie chinoise plaide pour le dialogue

La porte-parole chinoise a exhorté les États-Unis à corriger cette politique erronée, à lever le blocus et les sanctions contre Cuba, et à favoriser un dialogue fondé sur le respect mutuel et l’égalité souveraine. Selon Pékin, les sanctions unilatérales constituent une violation du droit international et entravent les efforts du pays pour assurer son développement économique et social.

Une incertitude persistante

À ce stade, aucune évolution concrète n’a été annoncée, et les autorités américaines n’ont pas réagi officiellement aux déclarations chinoises. Ces échanges illustrent une tension croissante sur le plan géopolitique, avec Cuba au centre des divergences entre Washington et Pékin. L’avenir des relations entre les États-Unis et Cuba demeure incertain, tout comme la stabilité régionale en Amérique latine.

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