Pologne : l’ancien ministre de la Justice Zbigniew Ziobro obtient l’asile en Hongrie

L’ancien ministre de la Justice et procureur général polonais, Zbigniew Ziobro, a annoncé avoir obtenu l’asile politique en Hongrie, une décision qui ravive les tensions entre Budapest et Varsovie et soulève de nouvelles interrogations au sein de l’Union européenne.

Une fuite motivée par la justice polonaise

Ziobro, figure influente du parti national-conservateur Droit et Justice (PiS), affirme être victime de persécution politique depuis la prise de pouvoir du gouvernement actuel en Pologne. L’ancien ministre refuse de répondre aux convocations de la justice polonaise et s’est installé en Hongrie, où il dit bénéficier de la protection des autorités. Selon ses déclarations, sa demande d’asile concernait également son épouse.

L’affaire est d’autant plus sensible que Ziobro est accusé par la justice polonaise de 26 chefs d’accusation, incluant des abus de pouvoir, détournement de fonds publics et utilisation illégale de logiciels de surveillance comme Pegasus. S’il était condamné, il pourrait encourir jusqu’à 25 ans de prison.

Contexte politique et implications européennes

Zbigniew Ziobro a longtemps été un acteur central des réformes judiciaires controversées menées par le PiS, souvent critiquées par l’Union européenne pour leur impact sur l’indépendance de la justice. Son départ et la décision de la Hongrie d’accorder l’asile mettent en lumière la fracture politique au sein de l’UE : Budapest, dirigée par Viktor Orbán, s’oppose fréquemment à Bruxelles et adopte des positions souvent divergentes de celles de Varsovie.

Du côté polonais, le gouvernement dirigé par Donald Tusk (Plateforme civique) considère les accusations contre Ziobro comme légitimes et voit dans l’asile hongrois une tentative de fuite devant la justice. Les autorités polonaises ont toutefois indiqué que la situation n’était pas encore officiellement confirmée via les canaux internationaux.

Réactions et controverses

La décision de la Hongrie a provoqué un vif débat. Les partisans de Ziobro dénoncent une justice partisane et politisée en Pologne, tandis que ses détracteurs y voient un acte politiquement motivé. L’affaire relance également les questions sur le respect des procédures de l’asile au sein de l’UE et sur la coopération judiciaire entre États membres.

Dans ses déclarations publiques, Ziobro affirme rester en Hongrie jusqu’à ce que la justice polonaise retrouve sa véritable indépendance, qualifiant le processus actuel de persécution politique ciblée contre lui.

En résumé, l’asile de Zbigniew Ziobro en Hongrie illustre à la fois les tensions internes en Pologne et les divergences persistantes au sein de l’Union européenne concernant l’État de droit, la justice et la politique migratoire.

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