La justice israélienne a franchi une nouvelle étape dans le cadre des affaires de corruption impliquant le Premier ministre Benyamin Netanyahou. Les autorités ont émis un mandat d’arrêt contre un ancien conseiller proche du chef du gouvernement, dans un dossier qui s’inscrit directement dans l’un des volets du procès en cours.
L’homme visé est Israel Einhorn, ancien conseiller de Netanyahou, aujourd’hui installé en Serbie. Il est soupçonné d’avoir joué un rôle central dans des faits de subornation de témoin, une infraction grave dans le cadre de la procédure judiciaire visant le Premier ministre.
Des soupçons liés à des fuites de documents confidentiels
Selon les enquêteurs, Israel Einhorn serait également impliqué dans une fuite de documents sensibles vers le journal allemand Bild. Ces documents affirmaient notamment que le Hamas ne serait pas disposé à accepter un cessez-le-feu ni un échange d’otages, une information qui confortait la ligne défendue par le gouvernement israélien, privilégiant la poursuite de l’offensive militaire plutôt que des négociations.
La diffusion de ces éléments est aujourd’hui au cœur de l’enquête, les autorités cherchant à déterminer si ces fuites visaient à influencer l’opinion publique et, indirectement, le déroulement des débats politiques et judiciaires en Israël.
Une enquête qui touche l’entourage direct du Premier ministre
La police israélienne a précisé que l’ancien conseiller ne devait plus entretenir aucun contact avec le bureau du Premier ministre. Bien qu’il réside à l’étranger, Israel Einhorn a été interrogé par des policiers israéliens en Serbie, signe de la volonté des autorités de poursuivre l’enquête au-delà des frontières nationales.
Cette procédure s’inscrit dans un contexte plus large, marqué par l’interpellation récente du chef de cabinet de Benyamin Netanyahou, soupçonné d’entrave à l’enquête sur ces mêmes fuites de documents.
Une affaire aux ramifications politiques sensibles
Le nom d’Israel Einhorn apparaît également dans ce que certains médias israéliens qualifient de « Qatargate », une affaire distincte dans laquelle des proches du Premier ministre sont soupçonnés d’avoir œuvré en faveur des intérêts du Qatar pendant la guerre contre le Hamas. À ce stade, aucun lien judiciaire formel n’a été établi entre ce dossier et le mandat d’arrêt émis, mais ces soupçons alimentent un climat politique déjà très tendu.
Le procès de Netanyahou en toile de fond
Ces développements interviennent alors que Benyamin Netanyahou est lui-même jugé pour corruption, fraude et abus de confiance dans plusieurs affaires distinctes. En novembre dernier, le Premier ministre avait demandé une grâce présidentielle, une démarche qui a suscité un vif débat en Israël.
Le président Isaac Herzog a déclaré qu’il prendrait sa décision en tenant compte du « bien de l’État et de la société », soulignant l’ampleur institutionnelle et politique de ce dossier, qui continue de diviser profondément le pays.
L’émission de ce mandat d’arrêt contre un ancien conseiller proche du Premier ministre illustre l’élargissement progressif de l’enquête et confirme que le procès de Benyamin Netanyahou dépasse désormais largement le cadre de sa seule responsabilité personnelle, touchant son entourage le plus direct et le fonctionnement même de l’appareil politique israélien.