La Corée du Sud traverse une période politique et judiciaire exceptionnelle. En janvier 2026, l’ancien président Yoon Suk-yeol a été formellement accusé d’insurrection par le parquet spécial, qui a requis à son encontre la peine de mort, une sanction extrêmement rare dans le pays. Cette procédure marque l’un des épisodes les plus graves de l’histoire démocratique sud-coréenne contemporaine.
Une tentative de loi martiale au cœur des accusations
Les poursuites trouvent leur origine dans les événements de décembre 2024, lorsque Yoon Suk-yeol, alors président en exercice, avait annoncé l’instauration de la loi martiale. Cette décision, présentée comme une mesure de sécurité exceptionnelle, avait provoqué une onde de choc dans le pays.
Malgré le déploiement de forces de sécurité autour du Parlement, les députés avaient réussi à se réunir et à voter, quelques heures plus tard, la levée de la loi martiale. Cet épisode avait déclenché de vastes manifestations et une crise institutionnelle majeure.
Les arguments de l’accusation
Selon le parquet, Yoon Suk-yeol aurait tenté de porter atteinte à l’ordre constitutionnel dans le but de consolider son pouvoir et de neutraliser l’opposition politique. Les procureurs estiment que ses actes constituent une insurrection, un crime passible, selon le droit sud-coréen, de la peine de mort ou de la réclusion à perpétuité.
L’accusation souligne également l’absence de remords de l’ancien chef de l’État et considère que ses décisions ont mis en danger les fondements démocratiques du pays.
Une peine prévue par la loi mais rarement appliquée
Bien que la peine de mort soit toujours inscrite dans le code pénal sud-coréen, le pays observe un moratoire de fait sur les exécutions depuis 1997. En pratique, les condamnations à mort sont généralement commuées en peines de prison à vie.
Néanmoins, la réquisition de la peine capitale dans ce dossier illustre la gravité exceptionnelle des faits reprochés et la volonté du parquet de marquer une rupture avec toute tentative de dérive autoritaire.
Destitution et recomposition politique
À la suite de ces événements, la Cour constitutionnelle a destitué Yoon Suk-yeol, ouvrant la voie à une élection présidentielle anticipée. Celle-ci a été remportée par Lee Jae-myung, candidat de l’opposition, sur fond de promesses de restauration de l’État de droit et de stabilité institutionnelle.
Réactions et débats
L’affaire a suscité de vifs débats en Corée du Sud et à l’international. Plusieurs organisations de défense des droits humains ont exprimé leur inquiétude quant à la réquisition de la peine de mort, rappelant l’importance du respect des droits fondamentaux, même dans des affaires d’une telle gravité.
Un verdict très attendu
Le verdict dans ce procès historique est attendu en février 2026. Il pourrait avoir des conséquences majeures sur l’avenir politique du pays, la responsabilité pénale des dirigeants et la place de la peine de mort dans le système judiciaire sud-coréen.
Crédit photo : LEE JIN-MAN/AP