Un Taliban prend officiellement la tête de l’ambassade afghane à New Delhi

Le gouvernement taliban d’Afghanistan a nommé Mufti Noor Ahmad Noor à la tête de son ambassade à New Delhi, marquant la première nomination officielle d’un représentant taliban en Inde depuis la prise de pouvoir des insurgés en août 2021. Cette nomination intervient dans un contexte de relations prudentes mais croissantes entre les deux pays.

Une nomination symbolique mais non reconnue

Mufti Noor, membre du ministère des Affaires étrangères contrôlé par les Talibans, prend ses fonctions en tant que chargé d’affaires, c’est‑à‑dire représentant officiel de la mission diplomatique afghane en Inde.
Bien que l’Inde n’ait pas reconnu officiellement le gouvernement taliban, la nomination est perçue comme un signe de dialogue pragmatique, permettant aux deux pays de discuter de coopération politique, économique et humanitaire.

Selon des informations officielles, Noor a déjà eu des rencontres avec des responsables du ministère indien des Affaires étrangères pour aborder les relations bilatérales.

Un contexte de rapprochement progressif

Cette étape s’inscrit dans un contexte plus large de rapprochement discret entre l’Inde et l’Afghanistan sous les Talibans :
• En octobre 2025, le ministre taliban des Affaires étrangères, Amir Khan Muttaqi, s’était rendu à New Delhi pour une visite diplomatique rare depuis 2021.
• L’Inde a également annoncé la réouverture de son ambassade à Kaboul en 2025, bien qu’elle n’ait toujours pas reconnu formellement le gouvernement taliban.

Malgré cette prudence diplomatique, ces échanges montrent que les deux pays cherchent à maintenir des relations stables, en particulier pour des questions humanitaires et économiques, dans un contexte régional complexe.

Une première depuis la prise de pouvoir des Talibans

Depuis août 2021, aucun représentant officiel taliban n’avait été posté à New Delhi, et cette nomination marque donc un tournant symbolique dans les relations entre l’Afghanistan et l’Inde.

Pour l’Inde, il s’agit d’un équilibre délicat entre engagement pragmatique et non-reconnaissance politique, alors que le pays surveille de près les évolutions régionales, notamment la situation au Pakistan et l’influence des Talibans sur la sécurité régionale.

Crédit photo : Arun Sankar / AFP

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