Retour du pouvoir aux civils en Guinée-Bissau : la junte fixe la présidentielle au 6 décembre

Le chef de la junte en Guinée-Bissau, le général Horta N’Tam, a fixé au 6 décembre la date des élections présidentielle et législatives censées marquer le retour du pouvoir aux civils, selon un décret lu devant des médias mercredi.(Source : AFP).

Selon le décret, « toutes les conditions pour l’organisation des élections libres, justes et transparentes sont réunies ». Ces élections devraient se dérouler sans le chef de la junte, d’après la charte de la transition publiée début décembre par les putschistes, un texte servant de cadre juridique pendant cette période censée durer un an.

La Guinée-Bissau, pays lusophone côtier d’Afrique de l’Ouest situé entre le Sénégal et la Guinée (Conakry), avait déjà connu quatre coups d’État et une kyrielle de tentatives de putsch depuis son indépendance du Portugal en 1974.

La Guinée-Bissau est dirigée depuis le 26 novembre, veille de l’annonce prévue des résultats provisoires des élections présidentielle et législatives dans le pays, par des militaires qui ont renversé le président sortant Umaro Sissoco Embalo et suspendu le processus électoral.

La junte a depuis nommé le général Horta N’Tam, un proche de M. Embalo, comme président de la transition.

Les militaires affirment depuis avoir pris le pouvoir pour « éviter un bain de sang entre les partisans des candidats rivaux ».

Le camp du président sortant Umaro Sissoco Embalo et celui du candidat de l’opposition Fernando Dias de Costa revendiquaient tous deux la victoire au moment de la prise du pouvoir par les militaires.

M. Dias a depuis trouvé refuge à l’ambassade de Nigeria qui lui a accordé l’asile, tandis que M. Embalo a fui le pays.

Mission ouest-africaine

L’annonce de la tenue prochaine de ces élections survient quelques jours après la visite à Bissau d’une mission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) menée par le président de la Sierra Leone, Julius Maada Bio, président en exercice de l’organisation, et de son homologue sénégalais, Bassirou Diomaye Faye.

Les deux dirigeants, qui ont eu des discussions avec la junte, avaient plaidé pour une transition courte et transparente. Ils avaient également exigé la libération des opposants, dont un important chef de l’opposition, Domingos Simoes Pereira, qui ont été emprisonnés le jour du coup d’Etat.

Mi-janvier, l’organe législatif dont les 65 membres ont été nommés par la junte, a voté à l’unanimité une modification de la Constitution, qui fait passer la Guinée-Bissau d’un régime parlementaire à un régime présidentiel.

Ce nouveau texte doit être promulgué par le chef de la junte et publié au journal officiel.

En attendant, nombre d’observateurs s’interrogent toutefois sur la validité juridique de cette modification constitutionnelle par la junte.

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