Une invitation hautement symbolique.La Maison-Blanche a annoncé avoir invité Delcy Rodríguez, présidente par intérim du Venezuela, à se rendre prochainement à Washington. Cette initiative marque un changement notable dans les relations entre les États-Unis et le Venezuela, historiquement marquées par des décennies de tensions politiques, diplomatiques et économiques.
Selon un haut responsable américain, la date précise de cette visite n’a pas encore été rendue publique, mais la rencontre devrait inclure des échanges au plus haut niveau de l’exécutif américain.
Un contexte politique inédit au Venezuela
Delcy Rodríguez occupe la présidence par intérim depuis la capture de l’ancien président Nicolás Maduro au début du mois de janvier 2026. Ancienne vice-présidente du pays, elle s’est retrouvée à la tête de l’État dans un contexte de transition politique particulièrement sensible, tant sur le plan interne qu’international.
Son accession au pouvoir intérimaire intervient alors que le Venezuela traverse une crise institutionnelle profonde, combinant instabilité politique, difficultés économiques et pressions diplomatiques extérieures.
Une première depuis plus de deux décennies
Si la visite se concrétise, il s’agirait de la première invitation officielle d’un dirigeant vénézuélien en exercice à la Maison-Blanche depuis plus de 25 ans, hors cadres multilatéraux comme les réunions des Nations unies à New York.
Ce geste est perçu comme un signal fort de reconnaissance diplomatique du gouvernement intérimaire par Washington.
Des sanctions toujours en vigueur
Malgré cette ouverture, Delcy Rodríguez demeure sous le coup de sanctions américaines, imposées lors de son passage au sein de l’ancien pouvoir. Cette situation souligne la complexité du rapprochement en cours, entre volonté de dialogue et maintien de mesures coercitives.
La Maison-Blanche n’a pas précisé si des annonces concernant une éventuelle levée partielle ou totale des sanctions pourraient être faites à l’issue de la rencontre.
Le pétrole au cœur des discussions
En arrière-plan de ce rapprochement diplomatique se trouvent d’importants enjeux économiques et énergétiques. Le Venezuela possède les plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, tandis que les États-Unis cherchent à diversifier et sécuriser leurs approvisionnements énergétiques.
Plusieurs observateurs estiment que Washington pourrait envisager une coopération accrue dans le secteur pétrolier, conditionnée à des avancées politiques et institutionnelles au Venezuela.
Une nouvelle approche américaine en Amérique latine
Cette invitation s’inscrit dans une évolution plus pragmatique de la politique américaine en Amérique latine, privilégiant le dialogue avec les autorités de transition afin de stabiliser la région et de protéger ses intérêts stratégiques.
Pour Caracas, cette ouverture représente une opportunité diplomatique majeure, susceptible de renforcer la légitimité internationale du gouvernement intérimaire et d’amorcer un processus de normalisation progressive.
Conclusion
L’invitation de Delcy Rodríguez par la Maison-Blanche marque un moment charnière dans les relations entre les États-Unis et le Venezuela. Entre enjeux politiques, économiques et énergétiques, cette initiative pourrait redéfinir durablement les équilibres diplomatiques dans la région, à condition qu’elle s’accompagne de progrès concrets sur le terrain institutionnel et démocratique.